El Shennawy aux calendes grecques

Jean-Claude Renard  • 9 juillet 2013
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Maintenant incarcéré depuis 37 ans , pour braquages (sans effusion de sang), Philippe El Shennawy a entamé deux procédures, l’une pour une libération conditionnelle, l’autre pour des permissions de sortie. La Cour d’appel de Paris vient de rejeter ces dernières requêtes, se justifiant ainsi : « Le juge d’application des peines prend le risque de faire sortir sans garantie un condamné qui a appartenu à la grande délinquance, et dont le parcours pénal a montré une certaine détermination, une difficulté à pouvoir réfréner ses passages à l’acte […] qu’il fait l’objet de soutien important à l’extérieur qui en font un personnage médiatisé et qu’il n’est pas certain qu’il ait la volonté et la capacité de revenir dans l’anonymat. » Rappelons que Philippe El Shennawy présente de sérieux gages de réinsertion et un emploi garanti à sa sortie. Et qu’en termes de « médiatisation », il n’y a guère que Florence Aubenas qui s’est exprimée en sa faveur au Monde .

Lire > Le dernier combat de Philippe El Shennawy, après 37 ans de prison

L’audience concernant la libération conditionnelle prévue le 18 juillet sera probablement reportée à l’automne, faute de temps pour la commission disciplinaire, toujours débordée. La libération tant attendue est donc renvoyée aux calendes grecques. Et Philippe El Shennawy n’en serait pas là si François Hollande lui avait accordé une grâce totale plutôt qu’une douloureuse grâce partielle qui n’autorise qu’à avancer une demande aléatoire et hypothétique de libération conditionnelle.

Lire > Acharnement incompréhensible contre Philippe El Shennawy
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Police / Justice
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