Le vrai regard du patronat sur l’ESS

Tandis que dans l’aula du CESE, Finance innovation invite les responsables de l’ESS autour d’un Livre Blanc « Pour une finance au service de l’Economie sociale et solidaire » sur lequel nous reviendrons, un article du Figaro vient rompre le charme. « La loi sur l’économie sociale provoque la colère des patrons » titre crument le journal de Monsieur Dassault. Et que dit-il ?

Jean-Philippe Milesy  • 16 juillet 2013
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Il s’insurge contre une disposition de la Loi Hamon telle qu’elle devrait être présentée la semaine prochaine en Conseil des Ministres et qui porte sur les droits nouveaux que pourraient avoir les salariés dans les processus de reprise des entreprise.
_ Et pourtant on est loin du « droit de préemption » que veut promouvoir nos amis de l’AP2E et les parlementaires qui en soutiennent l’idée.
_ Le texte de la loi prévoit, entre autre, une information deux mois avant toute cession pour permettre aux salariés de préparer leur éventuelle proposition de reprise. C’est un délai nécessaire et raisonnable et qui crée un accès équitable aux procédures devant les Tribunaux de commerce. Il existe déjà à travers les droits d’information des CE et serait ainsi étendu à l’ensemble des entreprises.

Ce droit révulse les patrons et leur presse qui dénonce une manœuvre dont le but serait « [Bref ] de développer des coopératives détenues par les salariés, les fameuses scop qui plaisent tant à la gauche. »
_ Eh oui, c’est de cela qu’il s’agit. Le Figaro est très perspicace.

Mais certains arguments choquent, sans surprendre hélas.
 » Les salariés ne vont pas garder longtemps le secret quand ils apprendront que leur ­entreprise est à vendre , jure un spécialiste de la transmission. » Que voulez-vous, les salariés n’ont pas le code de « bonne » conduite qui permet de faire dans l’ombre des affaires, celui de ces cadres et dirigeants qui anticipent les situations en tissant les contacts quand ils n’organisent pas purement et simplement la reprise à bon compte par ceux aux côtés de qui ils se sont rangés. Mais des salariés !
_ Et pourtant ces mêmes salariés sont ceux qui, trop souvent, ont le plus à perdre des reprises boiteuses. C’est leur travail et plus encore qui est en cause.

Ce faisant le Figaro et les patrons qui s’y expriment le font avec franchise.
_ Cela devrait inciter à la prudence ceux qui croient à une coexistence apaisée avec les organisations patronales telles qu’elles sont aujourd’hui.

L’Economie sociale en ce qu’elle promeut un autre type de propriété, une « entreprendre autrement » dérange nécessairement. Ceux qui ont tendance à l’oublier doivent se préparer à de lourdes désillusions, ou décider d’abandonner leurs valeurs et leurs principes.

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