André Schiffrin : quand publier c’est résister

L’historien des idées François Cusset rend hommage à l’éditeur franco-américain André Schiffrin, décédé le 1er décembre, combattant acharné contre la mainmise de la finance sur le monde de l’édition.

François Cusset  • 12 décembre 2013 abonné·es

Un seul suffit. Parmi le désastre du temps, il suffit d’un esprit libre, un seul, d’un courage individuel – fût-ce celui de quelqu’un qui ne croit pas que les individus fassent l’histoire – pour découper dans l’épaisseur du réel une ouverture où passera un peu d’air, y ouvrir des lézardes qui, à force, déstabiliseront l’état de fait et, en attendant, le lacèrent, le refusent, ne le laisseront plus tranquille. Même quand tout le monde semble avoir quitté le champ de bataille, il suffit de la constance d’un seul pour redonner la force de tenir bon. André Schiffrin était de ces très rares-là : derrière sa silhouette frêle, ses costumes discrets, son filet de voix si doux qu’on ne savait pas s’il était aphone ou juste très

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Culture
Temps de lecture : 4 minutes