Rue89 s’inquiète pour son avenir

Des modifications graphiques du site Rue89 ont déclenché la colère des salariés.

Pauline Graulle  • 6 décembre 2013
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Rue89 s’inquiète pour son avenir
© Photo : Audrey Cerdan / Rue89

Modifier l’URL d’un pure player revient-il à altérer son identité ? C’est ce que craignent les membres de la rédaction de Rue89. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le logo du Nouvel Observateur a ainsi été mis bien en évidence sur la page de Rue89, et l’URL du site a été modifiée en rue89.nouvelobs.com.

_ La raison ? Le directoire de Rue89, racheté en janvier 2012 par le groupe Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur (mais aussi des magazines Challenge et Sciences et Avenir ), a dû céder aux exigences de la direction du groupe.

Illustration - Rue89 s’inquiète pour son avenir

Selon de nouvelles règles de Médiamétrie, un changement graphique du site était en effet nécessaire afin que l’audience de Rue89 soit intégrée à celle du groupe (l’explication officielle est à lire ici). Quand on sait que Rue89 rapporte 2,4 millions de visiteurs uniques par mois sur les 8,5 millions comptabilisés par l’ensemble du groupe, on comprend pourquoi le Nouvel Obs ne voulait pas se séparer de son petit dernier.

Indépendance

Mais les dents grincent à Rue89. Depuis trois jours, les réunions et les AG se succèdent, parfois même en présence de la direction « avec qui nous avons toujours d’excellentes relations et qui nous a laissés nous exprimer sur le site (lire la tribune) » , souligne une journaliste.

Plusieurs membres de la rédaction redoutent en effet une baisse d’audience :

« Cela fait deux ans que nous nous escrimons à rassurer nos lecteurs sur notre indépendance par rapport au groupe qui nous a rachetés… Que vont-ils penser ? »

Autre crainte : que les annonceurs culturels (gérés en interne), qui appréciaient la force et l’indépendance de la marque, ne désertent le site, engendrant dès lors une baisse des recettes.

Les salariés devraient se réunir sous peu en AG pour décider s’ils se mettent en grève. Ce serait une première dans l’histoire du journal.

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