Une île à l’heure du vote

Sur l’île de Molène, qui compte quelque deux cents habitants, les élections municipales sont plus affaires de personnes que de politique. L’enjeu majeur du territoire : la relance de l’activité économique.

Lena Bjurström  • 20 mars 2014 abonné·es

«Les municipales ? Je ne sais pas trop qu’en dire. » Dans sa baraque à frites, à côté du port, Rachel Kermarec sert des verres de cidre. Sur sa terrasse, quelques habitants prennent le soleil et profitent de la tranquillité retrouvée de leur bout de rocher, à 15 km des côtes finistériennes. À Molène, une semaine avant le premier tour des élections municipales, la politique n’est pas au cœur des conversations.

Dans cette île de 1,2 km de long sur 800 m de large, minuscule langue de terre perdue dans la mer d’Iroise, on commente encore les tempêtes des dernières semaines. Les galets jetés dans les ruelles du bourg par la mer déchaînée ont été entassés en monticule ; les bateaux, portés par les vagues jusque dans les jardins, sont de retour au port. Mais la jetée est abîmée et Internet n’a pas été rétabli partout. Les élections semblent loin des préoccupations des quelque deux cents habitants de l’île. Une semaine ? Bah, il y a le temps de se décider.

De toute façon, le choix est limité. Pour les municipales, une seule liste en lice, menée par l’actuel premier adjoint, Daniel Masson. « Au départ, je n’étais pas trop partant pour me présenter, explique-t-il. Mais on s’est vite aperçu que personne ne voulait y aller. J’ai réussi à convaincre quelques personnes de venir avec moi, et d’autres se sont ajoutées. »

À Molène, parler de liste serait exagéré. Plus qu’un groupe portant un programme, ce sont des candidatures individuelles qui s’additionnent. Dix-neuf personnes qui acceptent, avec énergie ou à ­contrecœur, de porter la vie de la commune. Parce qu’il faut bien que certains s’en chargent. La mairie a besoin de onze conseillers, il suffira aux électeurs de rayer sur la liste les noms dont ils ne veulent pas. Pas besoin de réunion publique. À Molène, tout le monde se connaît, et c’est d’ailleurs cela, plus qu’une quelconque affinité politique, qui définit le vote.

« Ici, on vote parce qu’on s’entend bien avec tel candidat, ou qu’il

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

À Béziers, comment Robert Ménard a fait « péter le plafond de verre » des idées d’extrême droite 
Enquête 6 mars 2026 abonné·es

À Béziers, comment Robert Ménard a fait « péter le plafond de verre » des idées d’extrême droite 

Rues débaptisées, affiches à la gloire des armes de la police… Depuis 2014, le maire sature l’espace public de messages agressifs pour diffuser l’idéologie d’extrême droite. Un combat culturel, qui s’accompagne d’un mépris de la loi et de tentatives de silenciation des voix dissonantes.
Par Pauline Migevant
Nicolas Lebourg : « Perpignan est un laboratoire social pour le Rassemblement national »
Entretien 6 mars 2026 abonné·es

Nicolas Lebourg : « Perpignan est un laboratoire social pour le Rassemblement national »

À l’approche des municipales, l’historien Nicolas Lebourg revient, avec deux confrères chercheurs, sur l’exemple de Perpignan, et analyse comment Louis Aliot a tiré parti des dynamiques sociales et territoriales de la ville pour en faire un laboratoire du populisme français.
Par Juliette Heinzlef
Comment le Rassemblement national voit dans les municipales un tremplin présidentiel
Enquête 6 mars 2026

Comment le Rassemblement national voit dans les municipales un tremplin présidentiel

Un nombre de candidatures record, des troupes entièrement mobilisées, des victoires envisageables dans plusieurs départements… Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs troupes jouent gros dans le scrutin de 2026.
Par Alix Garcia
Le grand effacement de la Macronie aux municipales
Infographie 5 mars 2026 abonné·es

Le grand effacement de la Macronie aux municipales

Après les échecs répétés dans les urnes lors des élections européennes et législatives, le parti présidentiel Renaissance, a adopté une nouvelle stratégie : disparaître pour se fondre dans des alliances. Retour en chiffres sur cette disparition.
Par Pierre Jequier-Zalc et Basile Roth