La difficile succession de « Pepe » Mujica

La gauche uruguayenne mène une bataille plus dure que prévu pour assurer la victoire de l’héritier politique du populaire président sortant.

Jean-Baptiste Mouttet  • 21 octobre 2014 abonné·es
La difficile succession de « Pepe » Mujica
© Photo de José «Pépé» Mujica: LEO RAMIREZ / AFP

[Reportage à Montevideo de Jean-Baptiste Mouttet]

Des militants s'activent à plier des tracts , dans le fond de la vaste salle s'entassent sur deux mètres de hauteur des affiches. La tension monte au siège du Mouvement de participation populaire (MPP), le groupe politique de l'actuel président José Mujica, mouvement de la coalition du Front large (Frente Amplio). Dans quelques jours, le 26 octobre, les Uruguayens sont appelés à élire un nouveau président qui aura la lourde tâche de prendre la suite du populaire « Pepe », le chef d'Etat qui par son mode de vie et son histoire, a attiré les projecteurs du monde entier sur ce petit pays 3 millions et demi d'habitants depuis le début de son mandat en 2010.

L'ancien guérillero Tupamaros, qui a payé de plus de 13 ans d'enfermement, dont deux au fond d'un puits, sa résistance à la dictature (1973-85), ne peut se représenter. La constitution uruguayenne interdit deux élections consécutives. A Tabaré Vázquez, déjà président de mars 2005 à mars 2010, de défendre les chances du Front large face à six candidats. La victoire n'est pas aisée contre les deux partis de droite dits « traditionnels ». A en croire les sondages de la semaine dernière qui le créditent entre 41 et 44%, l'ancien chef d'Etat devra disputer un second tour contre Luis Lacalle Pou, du Parti national (ou partido blanco) crédité entre 28 et 30%. Celui-ci est le fils de l'ex-président Luis Alberto Lacalle (1990-95) connu pour avoir multiplié les privatisations.

Lui-même est talonné par Pedro Bordaberry du Parti Colorado (entre 13 et 15%). Un autre « fils de », cette fois du dictateur Juan Maria Bordaberry. Le candidat a pris soin de gommer son nom des affiches électorales estampillées « Pedro President » , et rêve de créer la surprise dans un scénario à la

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