Des rassemblements poignants en hommage aux victimes de Charlie Hebdo

Plus de 100 000 personnes se sont rassemblées mercredi en fin d’après-midi dans toute la France, selon un décompte de l’AFP, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo.

Michel Soudais  et  AFP  • 8 janvier 2015
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Des rassemblements poignants en hommage aux victimes de Charlie Hebdo
© Photo: Place de la République, le 7 janvier (Michel Soudais).

A Paris, 35 000 participants , selon la préfecture de police, se sont réunis place de la République, non loin du siège du journal satirique, à l’appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques. Les manifestants, de tous âges, peinaient à accéder à la place, noire de monde, provoquant des mouvements de foule et la circulation était coupée.
Dans la foule compacte, beaucoup arboraient un autocollant noir ou une pancarte « Je suis Charlie », slogan de solidarité envers les victimes qui circule également sur Twitter. Certains se sont recueillis, une bougie à la main. D’autres ont brandi des crayons, symbole de la liberté de la presse. D’abord silencieux, les manifestants ont ensuite applaudi et crié « Charlie, Charlie » , « Charlie fraternité » ou « On n’a pas peur, Charlie ! » .

Parmi les pancartes , on pouvait voir « Charb mort libre » . Le dessinateur Charb figure parmi les victimes de la tuerie, tout comme Cabu, Tignous et Wolinski, autres figures emblématiques du journal, ainsi que l’économiste Bernard Maris, le dessinateur Honoré, la psychanaliste Elsa Cayat qui signait une chronique intitulée « Divan », le correcteur Mustapha Ourrad, mais aussi Franck Boisseau, employé de la Sodexo, et Michel Renaud, fondateur du rendez vous clermontois de la biennale du carnet de voyage, et les policiers Franck Brinsolaro, qui assurait la protection de Charb, et Ahmed Merabet, du commissariat du XIe arrondissement.
D’autres pancartes proclamaient « Liberté d’expression, non à la connerie » , « Balles tragiques à Charlie » ou encore « Des fusils contre des stylos » . Certains participants ont dit ne pas être des lecteurs réguliers du journal, mais jugé important de manifester pour défendre la liberté d’expression.

De nombreux politiques ont participé au rassemblement , dont le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, la députée EELV du XIe arrondissement Cécile Duflot, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, ou encore Jean-Louis Borloo. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé son intention de faire de Charlie Hebdo un « citoyen d’honneur » de la capitale.

Nombreux rassemblements en province

Ils étaient également entre 13 000 et 15 000 à Rennes , arborant des unes de Charlie Hebdo sur le ventre ou sur le dos, entre 10 000 et 15 000 à Lyon scandant « Charlie », et 10 000 à Toulouse, ville de Bernard Maris, économiste tué dans l’attentat. Sous les fenêtres de l’hôtel de ville, Patrick et son fils Eliott distribuaient des copies d’un tract « Je suis Charlie ». « J’ai pleuré tout l’après-midi à mon bureau » , raconte le père, architecte de 50 ans. « Cabu, c’était comme un petit papa à moi. Nos enfants, on leur lègue ce monde qui est dur, j’ai mal, j’ai honte. »  
5 000 personnes se sont réunies à Grenoble, Bordeaux et Nantes, 4 500 à Strabourg, 2 500 à Metz et 7 000 à Marseille, où Didier, qui tient un magasin de souvenirs, avait « baissé le rideau de son établissement. Tous ces gens-là, comme Cabu, m’ont donné envie de voir les choses autrement, j’aimerais que Charlie vive » .
Ils étaient aussi plus de 2 000 à Dijon, 4 000 à Rouen, ou encore 3 000 à Clermont-Ferrand, ville d’une des victimes de l’attentat, Michel Renaud, fondateur du festival Rendez-vous du carnet de voyage, d’où notre blogueuse, Eloïse Lebourg, nous a transmis cette photo.

Illustration - Des rassemblements poignants en hommage aux victimes de Charlie Hebdo - Place de Jaude à Clermont-Ferrand, rassemblement en hommage aux victimes de Charlie hebdo (Photo: Eloïse Lebourg).

Au total, plusieurs dizaines de villes étaient mobilisées, comme Nancy, Montpellier, Nice, Angoulême, Limoges, Besançon, Poitiers, Agen ou encore Caen.

D’autres rassemblements sont déjà prévus jeudi et durant le week-end. Des rassemblements ont également eu lieu à l’étranger, notamment à Berlin, Bruxelles, Madrid ou Londres.

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