Peine de mort : « Un travail de sensibilisation »
Le cas du Français Serge Atlaoui a remis en lumière la peine de mort dans le monde. Abolitionniste de longue date, Sandrine Ageorges-Skinner livre son regard sur une évolution très contrastée.
dans l’hebdo N° 1352 Acheter ce numéro

Ligotés à un poteau et fusillés dans une clairière au milieu de la nuit. Tel a été le sort de huit condamnés à mort (pour trafic de drogue) le mercredi 29 avril, sur une île indonésienne. L’ultime sursis accordé à un ressortissant français, Serge Atlaoui, a au moins eu le mérite de mettre en avant le tableau de la peine capitale dans le monde. Tableau noir s’il en est, même si le nombre d’exécutions a baissé de 22 % par rapport à 2013, tandis que le nombre de condamnations a augmenté de 28 % en un an (voir encadré), sachant qu’il faut distinguer les condamnations des exécutions. Fervente abolitionniste depuis les années 1970 (et précisément depuis l’exécution de Christian Ranucci en 1976), siégeant au conseil d’administration de l’association Ensemble contre la peine de mort depuis 2009, Sandrine Ageorges-Skinner poursuit aujourd’hui encore son combat. Elle est également la femme de Hank Skinner (depuis 2008), condamné à mort au Texas, en 1995, pour un triple homicide