Au nom de la « guerre »

François Hollande veut inscrire dans le droit des mesures portées jusqu’ici par la droite, voire l’extrême droite. Ce virage sécuritaire, qu’il justifie par les circonstances, rencontre encore peu d’opposition.

Michel Soudais  • 17 novembre 2015 abonné·es
Au nom de la « guerre »
© Photo : EULER/AFP

Une « Marseillaise » entonnée par 925 députés et sénateurs, le président de la République et ses ministres. C’est l’image d’unité nationale que voulait donner l’exécutif en convoquant les parlementaires en Congrès à Versailles, moins de trois jours après les attentats les plus meurtriers de notre histoire. Objectif atteint donc. Mais au prix de quatre virages politiques de François Hollande.

Le premier est institutionnel. Il est exceptionnel que le chef de l’État s’adresse à la représentation nationale. Interdite avant la révision constitutionnelle de 2008, cette possibilité n’avait été utilisée que par Louis-Napoléon Bonaparte, à trois reprises, et Nicolas Sarkozy en 2009. À l’époque, François Hollande s’était indigné que les parlementaires ne puissent prendre la parole qu’après le départ du chef de l’État. Il avait dénoncé une « adresse du souverain » qui tient « davantage du simulacre politique que du dialogue républicain ». Le second virage est diplomatique. Le Président souhaite désormais la mise en place d’une « grande coalition » internationale pour « détruire » Daech, incluant la Russie. Il a annoncé avoir demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU  « pour adopter une résolution marquant [une] volonté commune de lutter contre le terrorisme », assurant que « la nécessité de détruire Daech constitue un sujet qui concerne toute la communauté

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Politique
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