Corruption : Sapin en Zorro

Le ministre des Finances entend s’attaquer aux lobbys.

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Le ministre des Finances est fin prêt pour sa loi Sapin II, vingt-trois ans après un premier texte anticorruption (janvier 1993). Il entend en premier lieu s’attaquer aux lobbys, estimant que la France « est en retard en matière de lutte contre la corruption d’agents publics ». Dans un entretien accordé au Parisien, ce mardi 16 février, il prévoit ainsi de mettre en place « un registre des lobbys », chargé de les identifier clairement, sous l’œil de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

« Demain, d’abord, ils devront donc se déclarer. Ensuite, s’engager à respecter un certain nombre de principes. Fini les voyages, les avantages, les petits cadeaux offerts par les lobbys à tel ou tel responsable public […]. Idem pour un bon déjeuner payé dans un grand restaurant. Enfin, il leur sera interdit d’utiliser sciemment des chiffres erronés. Sous peine d’amendes. » On a du mal à croire à une auto-dénonciation des lobbys, a fortiori quand ces mêmes groupes de pression estiment respecter les principes !

Autre mesure, la protection des lanceurs d’alerte, avec notamment la prise en charge de leurs frais d’avocats. On a bien peur que pour Hervé Falciani (HSBC), ou Stéphanie Gibaud (UBS), cela ne suffise pas. In fine, la loi Sapin II pourrait avoir le même effet que son aînée. Nul.


Photo : KENZO TRIBOUILLARD/AFP

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