Tribunal de Bobigny : le Garde des Sceaux annonce des renforts d’urgence

Le ministre de la Justice a annoncé le 23 février un renfort de personnels et de magistrats pour palier la crise que traverse le Tribunal de Grande Instance de Bobigny.

NULL  • 23 février 2016
Partager :
Tribunal de Bobigny : le Garde des Sceaux annonce des renforts d’urgence
© Photo : BERTRAND GUAY / AFP

Jean-Jacques Urvoas, Garde des Sceaux, a répondu à l’appel commun lancé le 15 février par les magistrats, avocats et fonctionnaires du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bobigny. Ils y dénonçaient la pénurie de moyens humains et matériels ne permettant plus de rendre justice dans des délais raisonnables. Il faut en effet compter au moins 12 mois pour avoir accès à une première audience en Seine-Saint-Denis, des délais contraires à la convention européenne des droits de l’homme.

Lire > Tribunal de Bobigny : La lente agonie de la justice française

Des mesures rapidement visibles

Le 12 février, Jean-Jacques Urvoas a débloqué une enveloppe supplémentaire de 14 millions d’euros pour financer les besoins des juridictions. Ce 23 février, il a détaillé les mesures en faveur du tribunal de Bobigny.

Dès le mois de mars, six emplois à temps pleins vont donc être affectés à ce tribunal pour soutenir le travail des greffiers, comme l’enregistrement des procédures et la mise en forme des décisions. Ces agents seront recrutés pour une durée limitée et dans l’urgence, puisque Bobigny accuse un retard d’enregistrement de 8000 procédures en matière pénale.

Quatre assistants spécialisés et assistants juridictionnels seront également affectés au TGI d’ici à juin, afin de soulager les magistrats du parquet et du siège. Ces derniers devraient ainsi pouvoir se recentrer sur le cœur de leur métier et ne plus crouler sous les tâches non juridictionnelles.

Les postes vacants de magistrats pourvus en septembre

C’est du moins ce qu’annonce le Garde des Sceaux. Pour compenser les postes vacants, et les départs prévus dans le cadre du mouvement annuel des magistrats, 25 postes seront proposés aux auditeurs de justice venant d’autres juridictions ou à des élèves sortant de l’école de la magistrature. Ces derniers qui vont choisir leur poste en mars pourront arriver en septembre 2016. L’objectif visé : ne plus avoir aucun poste vacant de magistrat en septembre dans ce tribunal afin de pouvoir reprendre une activité « normale ». 20 % des audiences judiciaires de Seine-Saint-Denis ont été supprimées en janvier 2016 par manque d’effectifs. Le ministre annonce enfin la création de 11 postes de magistrats supplémentaires d’ici à septembre 2017.

Des primes pour fidéliser le personnel

Autre aspect du problème : la manque d’attractivité du tribunal et le turn-over incessant du personnel. Les magistrats viennent à Bobigny, mais n’y restent pas. Pour y palier, le Garde des Sceaux annonce l’octroi de primes pour compenser la surcharge de travail, et fidéliser les équipes.

Police / Justice
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Viols, tortures, séquestrations : l’autre face du djihad enfin révélée
Enquête 1 avril 2026 abonné·es

Viols, tortures, séquestrations : l’autre face du djihad enfin révélée

À l’instar de Peter Chérif, condamné à la réclusion à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre Charlie Hebdo, plusieurs figures du terrorisme français ont violé, agressé, humilié des femmes. La justice commence à s’emparer de ces affaires.
Par Céline Martelet
Justice : ces djihadistes français livrés à l’arbitraire
Enquête 1 avril 2026 abonné·es

Justice : ces djihadistes français livrés à l’arbitraire

En septembre dernier, quarante-six adultes et un enfant devenu majeur en détention ont été transférés des geôles kurdes syriennes vers une prison irakienne. Ils s’ajoutent aux treize ressortissants jugés en 2019 à Bagdad lors de procès expéditifs. Mort en détention, un autre ne sera jamais jugé. Enquête sur ces terroristes dont l’Élysée fait tout pour empêcher le rapatriement dans l’Hexagone.
Par Noé Pignède
Mort d’Olivio Gomes : l’usage des armes par la police au cœur des débats
Analyse 28 mars 2026

Mort d’Olivio Gomes : l’usage des armes par la police au cœur des débats

Au cœur des débats, l’usage des armes par les forces de l’ordre a été examiné, au travers des textes et des consignes. Entre cadre légal et pratique d’intervention, le procès a révélé une zone grise… mortelle.
Par Maxime Sirvins
Mort d’Olivio Gomes : au procès, les policiers parlent d’une même voix
Récit 28 mars 2026 abonné·es

Mort d’Olivio Gomes : au procès, les policiers parlent d’une même voix

Au procès du policier jugé pour la mort d’Olivio Gomes, ses collègues ont maintenu un récit commun malgré les contradictions relevées à l’audience. Une parole collective révélatrice d’un esprit de corps au sein de la police.
Par Maxime Sirvins