Nucléaire : La voix Royal

Pas de gaz de schiste, mais banco pour prolonger d’une décennie la durée de vie des centrales.

Politis  • 2 mars 2016
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Nucléaire : La voix Royal
Photo : YANN BOHAC/Citizenside/AFP

C’est comme ça que Ségolène Royal interprète « sa » loi de transition énergétique : pas de gaz de schiste, parce qu’il faut réduire de 30 % notre consommation d’hydrocarbures, mais banco pour prolonger d’une décennie la durée de vie des centrales, au-delà de leurs quarante ans, alors qu’il faudra avoir réduit la part de l’atome de 75 % à 50 % dans la production d’électricité d’ici à 2025. Ainsi, elle emboîte le pas au patron d’EDF, qui lui a grillé la politesse mi-février, prétendant « qu’aucune autre centrale » (que Fessenheim) ne fermerait dans la décennie. C’est « pour monter en puissance sur le renouvelable », explique la ministre de l’Écologie, car, les réacteurs étant amortis, l’électricité coûtera moins cher. Comprenne qui pourra. D’autant plus que le vrai feu vert pour cette prolongation dépend de l’Autorité de sûreté nucléaire, qu’il n’interviendra pas avant 2018 et coûterait jusqu’à 100 milliards d’euros, selon la Cour des comptes.

Alors que la ministre présentera la semaine prochaine la Programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit notamment fixer des objectifs de progression des renouvelables, ce cadeau n’augure rien de bon et montre qu’EDF reste le patron de l’énergie en France. En passant, Ségolène Royal signale aux ex-EELV fraîchement entrés au gouvernement combien ils y pèsent.

Les échos
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