La CGT à la croisée des chemins ?
À la veille de son 51e congrès, à Marseille, la confédération se trouve confrontée à des questions et à des pratiques nouvelles, en plein mouvement social contre la loi El Khomri.
dans l’hebdo N° 1399 Acheter ce numéro

La CGT a fêté ses 120 ans d’existence l’automne dernier. Doyenne des centrales syndicales françaises, occupant encore aujourd’hui la première place aux élections professionnelles, forte de plus de 700 000 adhérents (selon différentes sources), la « vieille dame » connaît inévitablement le poids d’un passé à la fois glorieux à la pointe des luttes et moins glorieux d’un dogmatisme ancien, longtemps mâtiné de productivisme. Les temps ont changé, mais la CGT, en 2016, est toujours en première ligne dans le mouvement social contre le projet de loi travail. Et hésite souvent quant à son positionnement, entre volonté de continuer à résister vigoureusement au démantèlement du code du travail et des droits des salariés en général et celle de s’inscrire comme force de propositions. Mais est-ce si contradictoire ?
Après la démission, début 2015, de Thierry Lepaon, due aux révélations sur les coûteuses rénovations de ses bureau et appartement de fonction, l’élection de Philippe Martinez au poste de secrétaire général a fortement rassuré en interne. Militant de longue date, issu du cœur symbolique de la classe ouvrière hexagonale car « métallo » de Renault-Billancourt depuis 1982 (même s’il y fut technicien et non ouvrier), il promeut, dès