Après le 49.3, l’interdiction des manifs ?

Denis Sieffert  • 15 juin 2016
Partager :
Après le 49.3, l’interdiction des manifs ?
© Christophe Petit Tesson / POOL / AFP.

Vous avez dit « passage en force » ? On ne croyait pas si bien dire ! Après avoir imposé la loi travail sans débats à l’Assemblée, avec le recours au 49.3, voilà que l’exécutif envisage d’interdire les manifestations syndicales. Manuel Valls, mercredi lors de la matinale de France Inter, puis François Hollande au Conseil des ministres, ont brandi la menace de l’interdiction. Manuel Valls avait d’abord dénoncé la « responsabilité » de la CGT dans les violences survenues en marge de la grande manifestation de mardi. « Je demande à la CGT, a-t-il dit, de ne plus organiser de manifestations sur Paris, et au cas par cas, nous prendrons nos responsabilités ».

François Hollande, ensuite, a été encore plus clair en annonçant qu’il n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation des « biens et des personnes » ne pouvait être « garantie ». Débats interdits à l’Assemblée nationale, manifestations interdites dans la rue : à quand le couvre-feu pour faire passer la loi travail ? Quant à Bernard Cazeneuve, il ne lui a pas fallu 40 secondes au journal télévisé de France 2, mardi soir, pour passer de l’assassinat de deux policiers par un terroriste à la responsabilité d’une affiche de la CGT dénonçant les violences policières. Un esprit d’à-propos très très mal placé…

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »
Entretien • 15 octobre 2026

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »

Raphaël Glucksmann est sorti large vainqueur de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Conséquence, le Parti socialiste n’aura pas de candidat propre pour la présidentielle 2027. Le résultat divise déjà au sein de la formation. Une situation dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sort affaibli.
Par Névil Gagnepain
Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient
Analyse • 15 octobre 2026 abonné·es

Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient

1 500 communistes ont annoncé le 14 octobre leur ralliement à la candidature du leader insoumis. En parallèle, la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste provoque des remous chez les militants de gauche et semble acter une bipartition de la campagne. 
Par Névil Gagnepain
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain
Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 libéré

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain