Réfugiés : L’Europe se moque des morts

Plus de 700 disparus en trois semaines dans des naufrages au large de la Libye.

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Plus de 700 disparus en trois semaines dans des naufrages au large de la Libye, dont une quarantaine d’enfants. C’est le chiffre avancé, le 29 mai, par l’agence de l’ONU pour les réfugiés. Difficile de connaître le décompte exact des naufragés, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés, puisque les estimations proviennent des témoignages des survivants.

Et le nombre de bateaux tentant la traversée périlleuse entre la Libye et l’Italie augmente à l’approche de l’été : les passeurs proposeraient des prix spéciaux à 400 euros, selon le quotidien sicilien La R­epubblica. Depuis la fermeture de la route des Balkans et l’accord UE-Turquie du 18 mars, l’It­alie est redevenue la principale porte d’entrée pour les candidats à l’immigration en Europe. Malgré cette situation dramatique, la commission ­Libe­rtés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen s’est prononcée le 30 mai en faveur de la mise en place d’une version renforcée de l’agence Frontex. Soit un corps de garde-frontières et de garde-côtes européens « à l’abri de tout contrôle indépendant, sans mécanisme efficace permettant de mettre en cause sa responsabilité en cas de violation des droits humains, mais doté de plus de pouvoirs », dénonce un communiqué de Frontexit, campagne interassociative pour le respect des droits des migrants.

Alors que les organisations membres réclament l’ouverture de voies d’immigration légales, une des rares solutions pour éviter que des populations entières aillent risquer leur vie en mer ou sur les routes (voir Politis n° 1399), l’Europe poursuit sa logique sécuritaire, et meurtrière.


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