Notre-Dame-des-Landes : « Nous sommes là, nous serons là »

Samedi 8 et dimanche 9 octobre, des dizaines de milliers d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont réunis sur la Zone à défendre. Nous y étions, en images.

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Ils voulaient prouver leur capacité de ralliement, « prévenir qu'[ils seraient] ». C'est chose faite.

Près de 40 000 personnes, 12 800 d’après la préfecture, ont arpenté les chemins de la Zone à défendre (ZAD) ce week-end, brandissant leurs slogans et banderoles, tout en faisant résonner le bruit de leurs bâtons sur le bitume.

Réunis dans un champ près de la ferme Bellevue, trois cortèges ont ainsi convergé samedi en milieu de journée pour écouter les prises de paroles. En écho à la lutte du Larzac, les manifestants ont ensuite planté leur bâton en bordure d'un champ, formant autour de lui un périmètre de protection. Leur objectif : venir le récupérer en cas de tentative d'évacuation.

Un acte d'engagement permis grâce à l'invitation portée par « Le serment des bâtons »  que des milliers de personnes ont accepté d'accomplir. Instrument « de la colère et de la révolte », les bâtons sont aussi ceux de « la protection et de la défense » pour les opposants au projet d’aéroport, qui se sont engagés à ne pas se soumettre « à la loi du profit », ni même « à celle du plus fort » :

Extrait du « Serment des bâtons » :

Il n'y a pas si longtemps, les paysans du Larzac ont préféré le chant de leurs bâtons de bergers aux bruits de bottes de l'extension d'un camp militaire. Ce qui nous menace ici n'est plus un camp, mais la voracité sans fin des multinationales prêtes à toutes les destructions pour la croissance de leurs profits. Ce sont eux qui sont responsables de l'opération César il y a quatre ans déjà, opération que nous avons fait collectivement échouer, eux qui sont coupables de la mort de Rémi Fraisse. Nous ne pouvons oublier ! Pas plus que nous ne pouvons ignorer dans la période présente, les menaces et indices d'une agression prochaine de la ZAD, en vue de l'évacuer totalement et de la détruire. En ce 8 octobre, nous saisissons nos bâtons symboles de notre détermination, en tant qu'outils de protection de cette ZAD que nous aimons : ce que nous souhaitons, c'est que ce message de détermination soit si massif, porté si puissamment par la population, qu'il résonne si fort qu'il puisse éliminer la menace. Selon les choix des personnes ou collectifs qui les amènent ici, ces bâtons sont anonymes ou identifiés de différentes manières. Mais tous sont porteurs de notre engagement commun à ne pas abandonner cette zone au béton et aux avions.

Alors qu'une date, le 17 octobre, semble se dessiner pour le démantèlement du camp de Calais, les zadistes ont également prononcé des mots de soutien envers les résidents de la jungle.


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