Racisme : Les Chinois brisent l’omerta
Le racisme touchant la communauté asiatique n’est pas nouveau, mais celle-ci était silencieuse jusque-là. La nouvelle génération, mieux intégrée, a décidé de monter au front. reportage.
dans l’hebdo N° 1426 Acheter ce numéro

« En ces lieux, Chaolin Zhang, couturier albertivillarien, a été victime d’une agression mortelle le 7 août 2016. Ciblé en raison de son origine chinoise. À sa mémoire. 1967-2016. » Quelques mots gravés sur une plaque commémorative accrochée sur un poteau, devant l’immeuble de la rue des Écoles, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où l’agression a eu lieu.
Au cœur de cette épitaphe, une phrase glissée l’air de rien concentre l’amertume et la colère de toute une communauté : « Ciblé en raison de son origine chinoise. » Un racisme qui peinait encore à dire son nom jusqu’à cet été. Un après-midi d’août, Chaolin Zhang marche dans la rue en compagnie d’un ami quand trois jeunes hommes les molestent pour leur voler une sacoche. Un coup de pied cloue Chaolin au sol, sa tête heurte le macadam. Après cinq jours de coma, ce père de famille décède à l’hôpital.
« Il aura fallu un mort pour que la lumière des projecteurs se braque sur notre détresse quotidienne », se désole Rui Wang, président de l’Association des jeunes Chinois de France (AJCF), qui a aussitôt organisé une marche blanche à Aubervilliers. Puis, en un mois, trois manifestations qui ont mobilisé des milliers de personnes, sous le regard étonné des journalistes et les yeux écarquillés des politiques. Celle du 4 septembre, place de la République, à Paris, n’avait rien