Grèce
 : L’Eurogroupe cède une demi-miette

Les créanciers refusent toujours d’aborder la question d’une annulation partielle de la dette, jugée pourtant ­incontournable.

Politis  • 7 décembre 2016
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Grèce
 : L’Eurogroupe cède une demi-miette
© Photo : LOUISA GOULIAMAKI / AFP

D’annulation partielle de la dette grecque, il n’est toujours pas officiellement question dans le conclave des ministres des Finances de la zone euro. Depuis l’accord extrêmement dur signé avec Alexis Tsipras, il y a un an et demi, les Grecs ont pourtant multiplié et subi les mesures d’austérité. Leur gouvernement envisage aujourd’hui, en partie sur demande du FMI, une nouvelle baisse des aides sociales (aide au chauffage ou allocations familiales), des suppressions de postes dans la fonction publique, une réforme du droit du travail pour réduire la représentativité syndicale, restreindre le droit de grève et faciliter les licenciements économiques. Il devait faire face jeudi 8 décembre à une grève générale.

En face, l’Allemagne reste inflexible, et les créanciers refusent toujours d’aborder la question d’une annulation partielle, jugée pourtant ­incontournable. Un premier toilettage de la dette a certes été accordé par l’Eurogroupe réuni ce lundi 5 décembre. La Grèce obtient quatre ans de plus pour rembourser ses 315 milliards d’euros de créance. Ses taux d’intérêt sont « lissés » et une pénalité devrait être annulée. Ces mesures constituent un petit allégement qui ne dit pas son nom, afin de ne pas provoquer l’ire des créanciers. La zone euro continue également d’exiger un excédent primaire de 3,5 % du PIB. « Absurde », répondent les services du Premier ministre grec.

Le FMI, partisan d’un allégement bien plus net de la dette, s’est retiré du troisième plan d’aide à Athènes pour faire pression sur les dirigeants européens. L’Allemagne, elle, renvoie toute discussion à 2018, après ses élections législatives. La Grèce reste donc prisonnière d’enjeux politiques internes à l’Allemagne.

Monde
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