Fermeture de Fessenheim : royalement faux

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La promesse n° 41 du candidat François Hollande – la fermeture de Fessenheim – serait-elle tenue ? Dimanche 9 avril, sur Twitter, Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, s’est félicitée du décret qui met fin à l’exploitation de la plus vieille centrale nucléaire française, terminant avec fierté son message d’un : « C’est dit c’est fait. » Mais la brièveté de la forme ne peut qu’alerter : derrière l’acrobatie rhétorique de la ministre, se cache une vraie victoire pour EDF, entreprise dont l’État est pourtant actionnaire à 81,3 %.

Fessenheim ne fermera que lorsque l’EPR de Flamanville sera apte à ouvrir ses portes. Cette obligation, en plus d’inverser les priorités voulues par la loi sur la transition énergétique de 2015, repousse son application au moins jusqu’à 2020… Et sera donc entre les mains du prochain Président. Or, il n’est pas certain que ce dernier y soit favorable : un nouveau décret peut rapidement faire annuler le premier. Sachant également que la fameuse centrale de troisième génération, encore en chantier, en est à sa sixième année de retard à cause d’importants défauts de fabrication de sa cuve et des générateurs de vapeur. Une situation jugée « très préoccupante » par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

À cela s’ajoute la première négociation réussie pour EDF en janvier 2017, au cours de laquelle l’entreprise s’était assurée d’obtenir une indemnisation de 489 millions d’euros quant à la future fermeture de Fessenheim, et un redémarrage du réacteur n° 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), censé être fermé encore pour un an après un accident. Alors, la fermeture de Fessenheim par François Hollande : « C’est dit », mais c’est faux !


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