Grande-Synthe : le camp de migrants réduit en cendres

Une bagarre entre migrants a provoqué l’incendie quasi total du camp de La Linière, qui abritait 1 500 personnes.

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I l ne restera qu'un amas de cendres, il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant », a déclaré le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, devant les flammes qui ont ravagé la quasi-totalité du camp de Grande-Synthe dans la nuit de lundi à mardi.

Seuls environ 70 chalets en bois sont intacts sur les 300 que comptait ce site ouvert en mars 2016, par le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, et Médecins sans frontières (MSF). « À ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d'information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts », a témoigné Olivier Caramelle, directeur de cabinet du maire joint par l'AFP.

Selon des sources policières, une rixe a éclaté vers 18 h 45 opposant Afghans et Kurdes, et a fait six blessés à l'arme blanche. Une première intervention des CRS a apaisé la situation mais les affrontements ont repris vers 21 h 30. Plusieurs départs de feu ont été constatés et les pompiers ont peiné à éteindre l'incendie qui se propageait. Le préfet du Nord a déclaré la fermeture du camp à 1h.

Depuis le démantèlement de la jungle de Calais, la population du camp avait augmenté, et les tensions étaient connues des bénévoles des associations œuvrant quotidiennement aux côtés des migrants.

« Il est probable que les passeurs kurdes aient relégué les Afghans dans les cuisines. Depuis la fermeture de Calais, il n'y a pas de centre d'accueil sur la côte. Nous demandons la création de plusieurs centres d'accueil d'urgence, à dimension humaine », a déclaré François Guennoc, de l’Auberge des migrants

Même constat de Pierre Henry, président de France terre d’asile. « La population des demandeurs d'asile et des réfugiés avait crû de manière extrêmement importante, à tel point que la municipalité et le gouvernement s'étaient inquiétés de la situation. Nous savions qu'il y avait là tous les dangers d'une confrontation entre passeurs kurdes et afghans qui se disputaient le contrôle du camp », a-t-il déclaré sur France Info.

Il y a moins d'un mois, la convention renouvelant pour six mois le soutien de l'État avait été signée à Grande-Synthe par le maire et la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, avec pour ambition d'améliorer les conditions d'accueil et de sécurité.

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