Guerre des Six-Jours : 50 ans d’hypocrisie et de lâcheté

La guerre des Six-Jours de juin 1967 avait relancé l’hypothèse de la solution à deux États. Aujourd’hui, la situation évolue vers ce qui ressemble à une annexion totale de la Cisjordanie.

Denis Sieffert  • 31 mai 2017
Partager :
Guerre des Six-Jours : 50 ans d’hypocrisie et de lâcheté
© photo : MOSHE MILNER/GPO/AFP

Paradoxalement, la guerre des Six-Jours, du 5 au 10 juin 1967, avait relancé l’hypothèse de la solution à deux États. Dans les années qui ont suivi, la direction palestinienne, sous l’autorité de Yasser Arafat, a réorienté sa stratégie sur cette hypothèse d’un État palestinien couvrant 22 % de la Palestine mandataire, avec Jérusalem-Est pour capitale. Tel n’était pas l’objectif des dirigeants israéliens. La colonisation n’a cessé de ruiner cette possibilité.

La vérité a été dite un jour de 1992 par l’ancien Premier ministre de droite Yitzhak Shamir, qui conseillait « d’effectuer des pourparlers sur l’autonomie pendant dix ans, pour atteindre pendant ce temps un demi-million de personnes en Judée et Samarie [le nom biblique de la Cisjordanie] ». Son vœu s’est réalisé au-delà de ses espérances. Mais ce processus colonial n’a été possible qu’avec la complicité des États-Unis et de l’Europe, tout juste assortie de quelques réprobations formelles. Et il s’est accompagné d’un engrenage sanglant entre révoltes et répression.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? L’illusion serait de croire que l’impasse politique laisse l’histoire inerte. Sur le terrain, les choses changent. La situation évolue vers ce qui ressemble à une annexion totale de la Cisjordanie. Nous esquissons ici un bilan de ce demi-siècle d’hypocrisie et de lâcheté.

À lire dans ce dossier :

• Juin 1967 : La guerre qui a tout changé

• « Nous n’avons que notre résistance pacifique »

• Cisjordanie : Un demi-siècle de colonisation

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre
Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »
Entretien 7 juillet 2026 abonné·es

Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »

Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël en mars, 4 319 Libanais ont été tués et 12 000 blessés. Le chirurgien britannique Ghassan Abu Sittah, d’origine palestinienne, revient sur les conséquences de la guerre au Liban et dresse un parallèle avec l’enclave de Gaza.
Par Hugo Lautissier
« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »
Entretien 29 juin 2026 abonné·es

« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »

Thierry Labica, enseignant au département d’études anglophones de l’université de Nanterre, revient sur les causes de la démission du Premier ministre britannique, ses promesses trahies, sa grande impopularité, son action au sein du Labour pour chasser toute son aile gauche. Et dresse le portrait ambigu du travailliste Andy Burnham, son probable successeur.
Par Olivier Doubre