Gérard Collomb, plus proche des identitaires que des humanitaires

En visite à Calais ce vendredi, le ministre de l’Intérieur s’est lâché sur les migrants pour le plus grand bonheur de Génération identitaire, groupuscule d’extrême droite, qui lui propose ses services.

Nadia Sweeny  • 23 juin 2017
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Gérard Collomb, plus proche des identitaires que des humanitaires
© Photo : Gérard Collomb, le 23 juin sur le port de Calais, flanqué de Natacha Bouchart (droite), maire de la ville, et de Jacqueline Gourault (gauche), ministre déléguée auprès de lui (Philippe HUGUEN / AFP)

En visite à Calais, suite à la mort d’un chauffeur routier dans un accident consécutif à un barrage dressé sur l’autoroute par des migrants, Gérard Collomb s’est lâché sur les migrants.

Ironisant, tout d’abord, sur les accusations de violences policières qui étaient « tout à fait excessives » au regard de la « douceur légendaire » des migrants, il a affirmé que les forces de l’ordre agissaient avec « beaucoup d’humanité » face à des gens « enkystés ». Le ministre de l’Intérieur – censé représenter la « gauche » d’un gouvernement « progressiste » – propose donc de « renforcer la sécurité avec l’arrivée de deux compagnies de forces mobiles supplémentaires pour éviter que de nouveaux campements ne se forment ».

Annonçant la présentation « dans les quinze jours » d’un plan sur la question migratoire, Gérard Collomb a insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de centre d’accueil à Calais : « Je me méfie des centres qui se disent prêts à accueillir des migrants pour seulement quelques jours et qui finalement durent dans le temps », a-t-il déclaré.

Jacques Toubon, Défenseur des droits, s’est, pour sa part, offusqué sur RTL ce matin, qu’on ne respecte pas « l’obligation légale – et non morale – précise-t-il, de leur donner accès à leurs droits fondamentaux, ne serait ce que manger et boire ! » Mais le ministre de l’Intérieur ne s’en émeut pas, préférant dire aux associations humanitaires « qu’il y a peut-être d’autres lieux que Calais où elles pourront déployer leur savoir-faire ». Parce que, selon lui, « le vrai problème, se sont les routes de passeurs qu’il faut couper pour pas qu’on ait ces flux d’immigration qui ne sont plus des demandeurs d’asile mais de la migration économique ».

Une position saluée par Génération identitaire, groupuscule d’extrême droite qui « sait avoir contribué, par ses activités, à cette nouvelle position politique au plus haut sommet de l’État ». Vantant son action « Defend Europe » qui « vise à stopper les bateaux de passeurs et à empêcher les bateaux d’ONG complices de ramener les migrants en Europe », le groupuscule proche du Front national propose même ses services au ministère ! « Une demande de subvention publique va être adressée à ce ministère dans les prochaines heures », peut-on lire dans un communiqué.

« Quand aujourd’hui dans le Pas-de-Calais, on s’aperçoit que beaucoup de députés sont Front national, cela veut dire qu’il y a un vrai problème », a osé Gérard Collomb. Mais flirter avec leurs orientations idéologiques n’en pose aucun…

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