La Corse tentée par la préférence régionale

Une charte accordant une priorité d’embauche aux travailleurs locaux est en discussion sur l’île. L’initiative divise.

Olivier Doubre  • 21 juin 2017 abonné·es
La Corse tentée par la préférence régionale
© photo : POCHARD-CASABIANCA/AFP

Signée le 24 mai dans une version non définitive, sous l’égide du président de l’Assemblée territoriale de Corse, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, la Cartula pà l’impiegu lucale in Corsica (Charte pour l’emploi local en Corse) a reçu l’approbation de l’ensemble des chambres des métiers, de commerce et d’agriculture des deux départements, Haute-Corse et Corse-du-Sud, et des syndicats CFDT et STC (Syndicat des travailleurs corses, nationaliste et premier aux élections prud’homales). Seuls le Medef et la CGT de l’île n’ont pas signé ce document rédigé en français et en corse – la co-officialité des langues est en vigueur depuis 2013.

Avec un taux de chômage de 10,5 % (et qui a progressé de 11,3 % entre 2008 et 2014, selon l’Insee, contre 3 à 4 % dans les autres régions françaises les plus touchées) et un record d’emplois précaires et de travail au noir, cette charte se veut une tentative de réponse aux problèmes spécifiques de l’emploi en Corse. Dans une région, en outre, considérée comme la plus pauvre de France (hors outre-mer), avec plus de 20 % des habitants vivant sous le seuil de pauvreté.

Promu par les nationalistes au pouvoir à la collectivité territoriale de Corse (CTC) depuis décembre 2015, le texte prévoit que les signataires, en premier lieu du côté des employeurs, s’engagent à recruter, « à compétences suffisantes », des travailleurs corses. Outre les résidents, la catégorie

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems
Analyse 9 avril 2026 abonné·es

Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems

Propositions de loi, projet gouvernemental, mission sénatoriale : les free parties, rassemblements techno festifs, sont redevenues une cible politique. Une offensive qui s’inscrit dans une longue histoire de méfiance et de répression à l’égard de la fête libre.
Par Maxime Sirvins
Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »
Rencontre 9 avril 2026 abonné·es

Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »

Depuis la circulaire Retailleau, en Seine-Saint-Denis, les lycéens étrangers ne peuvent plus se régulariser. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils racontent le « combat » qu’est leur vie et la peur des OQTF. Fin décembre, un lycéen du 93 a été expulsé vers le Maroc.
Par Pauline Migevant
Handicap : la France à rebours du droit international
Enquête 8 avril 2026 abonné·es

Handicap : la France à rebours du droit international

Historiquement enferré dans une logique institutionnelle, l’État impose aux personnes handicapées un quotidien en établissement médico-social. Un schéma dénoncé par l’ONU, qui prône une nécessaire désinstitutionnalisation. En dépit de mobilisations, celle-ci est loin d’être envisagée.  
Par Elsa Gambin
À Ouistreham, des citoyens face au « non-accueil » des migrants
Reportage 8 avril 2026 abonné·es

À Ouistreham, des citoyens face au « non-accueil » des migrants

Sur le littoral normand, de jeunes Soudanais survivent dans un campement de fortune, entre espoir de départ et attente prolongée. Depuis près de dix ans, palliant l’absence de prise en charge durable, habitants et bénévoles inventent des formes d’entraide.
Par Julie Kermarrec