Éloge de la lenteur

Contre une société qui glorifie la vitesse, la marche déploie tout un potentiel de résilience et de transformation personnelle.

Patrick Piro  • 26 juillet 2017
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Éloge de la lenteur
© photo : PHILIPPE ROY/Aurimages/AFP

Utiliser ses jambes est un geste de subversion douce dans une société qui glorifie la vitesse et l’augmentation des capacités humaines par la technologie. Assumant une lenteur non pas régressive mais régénératrice des sens et de sens, la marche déploie tout un potentiel de résilience et de transformation personnelle qui trouve sa pleine dimension au long cours de randonnées dans la nature.

Loin des écrans du quotidien, la réflexion s’installe en place du réflexe, la conversation prend le pas sur la communication, l’écoute renaît dans l’absence de bruit, l’uniformité des maillots en sueur estompe les jeux de rôles sociaux. Et la ville à son tour, siège d’une humanité assise, se pique désormais de revoir des piétons.

Que 10 000 pas quotidiens remplacent votre médecin, nous recommande la Faculté, qui ajoute que toute voiture au rancart n’aura émis ni polluants ni CO2.

À lire :

• David Le Breton : « Une sensualité propice à la pensée »

• D’Hannibal à Compostelle, la randonnée ennoblie

• Le sentier, ça marche

• Priorité aux piétons

Société Santé
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