Taxe d’habitation : l’arnaque
Supprimer un impôt injuste pourrait passer pour une mesure sociale. Mais l’opération ne peut se faire sans dégradation des services publics.
dans l’hebdo N° 1463 Acheter ce numéro

Faut-il dire « réforme » de la taxe d’habitation ? Nombreux sont ceux qui l’appelaient de leurs vœux, tant la « TH » est injuste, car mal corrélée aux revenus. « Il y a théoriquement un rapport entre les revenus et la valeur locative des logements, nuance Thomas Peccia-Galletto, conseiller en finances locales à Toulouse, mais il y a des anomalies. » Ainsi, la TH, à Paris, serait de 480 euros en moyenne, contre 1 400 euros à Argenteuil. Et des HLM se trouvent plus taxés que des appartements des beaux quartiers. La faute aux valeurs locatives qui n’auraient pas été réévaluées depuis les années 1970.
« Réviser ces valeurs était un chantier explosif », poursuit l’économiste. « Cela aurait entraîné un choc fiscal monstrueux », ajoute Pierre Madec, auteur avec Mathieu Plane d’une « Évaluation de la réforme de la taxe d’habitation d’Emmanuel Macron » pour l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Cela aurait entraîné des effets de redistribution importants, précise Thomas Peccia-Galletto. Mais les écarts entre les villes sont surtout dus aux taux d’imposition décidés par les élus et aux inégalités de fiscalité