Bure : des perquisitions visent des militants antinucléaires

Une opération des forces de l'ordre de grande ampleur a visé les opposants au projet d'enfouissement Cigéo des déchets nucléaires, à Bure.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Dès 6 heures du matin, les forces de l’ordre se sont déployées dans les environs de Bure (Meuse) pour procéder à cinq perquisitions : trois ont eu lieu aux domiciles d’opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires, une à la gare de Luméville et la dernière à la Maison de la résistance, lieu hautement symbolique depuis treize ans de la lutte antinucléaire, très liée au réseau Sortir du nucléaire. « Une quarantaine de gendarmes sont entrés dans la Maison de Résistance, fracturant la porte au pied de biche. Ils ont également brisé des vitres de véhicules et caravanes tout autour », rapporte l’association dans un communiqué.

« Une dizaine de gendarmes sont arrivés et ont procédé à la fouille systématique de l’appartement de mon amie à Commercy, raconte Joël, dont le propre domicile situé à Mandres a également été perquisitionné. Ils ont pris beaucoup de photos et ont saisi un ordinateur, un téléphone, un disque dur m’appartenant et des tracts. » Selon d’autres témoins, ils auraient également emporté des livres parlant d’écologie et mis en joue un militant. Une personne serait en garde à vue pour rébellion.

Le motif invoqué : une commission rogatoire d’un juge d’instruction du tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, liée à une action dans l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra en juin dernier. Joël relativise ce prétexte car il n’était pas présent lors de cette action. « J’étais en vacances en Grèce mais comme je suis dans la lutte depuis trois ans, j’ai été identifié plusieurs fois. Ils veulent surtout trouver des éléments qui leur permettront de nous incriminer. » Selon l'AFP, le procureur de Bar-le-Duc a précisé que certaines perquisitions s'inscrivent dans une enquête sur des faits d'« infraction à la législation sur les stupéfiants » et que des investigations en cours portent sur les affrontements violents qui ont eu lieu entre militants et gendarmes lors de la manifestation du 15 août.

C'est la première fois que les opposants au projet sont visés par des perquisitions, mais tous décrivent un renforcement des pressions et de l'acharnement policier depuis plusieurs semaines. Une ligne rouge semble avoir été franchie pour les opposants au projet. Un des habitants raconte :

Nous vivons une tension permanente sur le territoire, les gens sont excédés et épuisés par cette pression policière. Je suis filmé tous les jours quand je sors de chez moi, quand je fais mon jardin… Nous sentons que les autorités jouent la carte du pourrissement de la situation en nous visant. Le gouvernement et Nicolas Hulot restent silencieux, et leur seule réponse passe par la répression sur le terrain.

Des rassemblements de soutien commencent à s’organiser devant des préfectures comme le précise le site des opposants

À lire aussi >> Bure, la justice remet en cause la propriété de l'Andra sur le bois Lejuc


Haut de page

Voir aussi

Articles récents