Gouvernement : La stratégie du choc

Une réforme en cache une autre, à un rythme soutenu. Et cela va encore s’accentuer.

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Une réforme en cache une autre, à un rythme soutenu, depuis le début de l’été. Dans l’ombre des ordonnances sur le code du travail, le gouvernement d’Édouard Philippe a annoncé pêle-mêle une petite révolution fiscale au bénéfice des plus fortunés (les 10 % les plus riches empochent 46 % du gain, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques), un doublement du plafond de ressources pour les micro-entrepreneurs, qui accélérera l’« ubérisation », et la suppression partielle des contrats aidés.

Et cela va encore s’accentuer. Le budget 2018, qui sera dévoilé le 27 septembre, comportera une cure d’austérité jamais égalée : 20 milliards d’euros d’économies ciblant en priorité la santé, le logement et les transports. Et ce, pour pouvoir baisser les impôts de 10 milliards d’euros en un an. En particulier l’impôt sur les entreprises, réduit à 25 % des bénéfices, au diapason d’une tendance mondiale au moins-disant fiscal. Un plan de privatisation va également être engagé pour vendre les participations de l’État dans les dernières entreprises stratégiques où il en détenait encore. Et la Française des jeux, entreprise ô combien sensible, ne devrait pas échapper à cette grande braderie. Cette opération doit dégager quelques milliards pour financer un plan d’investissement dans « l’innovation », qui comblera les nombreux amis d’Emmanuel Macron dans la « french tech ».

Le gouvernement vient également d’annoncer un plan de relance du logement, qui doit faire la part belle à la spéculation immobilière en réduisant les normes écologiques et sociales (par exemple, l’accessibilité handicapés), afin de dynamiser la construction de logements à bas coût. Enfin, il devrait annoncer, le 28 septembre, une reprise en main de l’assurance-chômage adossée à un renforcement du flicage des demandeurs d’emploi. Une véritable révolution libérale !


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