Dossier : Le populisme peut-il sauver la gauche ?

Le populisme peut-il sauver la gauche ?

Après l’Amérique latine et l’Espagne, cet objet politique encore mal identifié a conquis les progressistes du sud de l’Europe. Jusqu'aux terres hexagonales.

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Comme poussé par le zéphyr, le populisme a débarqué dans la gauche française. Après l’Amérique latine et l’Espagne, la stratégie a conquis les terres hexagonales à la faveur de la spectaculaire campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. On ne compte plus les publications, les colloques ou les débats autour de cette question, qui, quasi inexistante il y a encore quelques mois, sature aujourd’hui l’espace public. Aux AmFIs d’été de la France insoumise, à Marseille, comme à l’université d’été du PCF, à Angers, les interventions sur le sujet ont fait salle comble – et l’on peut parier que la table ronde organisée ce week-end à la Fête de l’Humanité connaîtra le même destin.

Une fièvre populiste s’est emparée des progressistes du sud de l’Europe. Après la percée de Podemos en Espagne il y a trois ans, celle de la France insoumise au printemps dernier, c’est à la gauche italienne de se demander si le populisme ne pourrait pas l’aider à sortir du marasme.

En France, les avis sont partagés. Le PCF, les Verts et l’aile gauche du PS se montrent pour l’instant plutôt rétifs à adopter le « style » populiste, quand bien même ils pourraient en utiliser certains codes. D’un autre côté, rien ne dit que la France insoumise continuera longtemps dans cette veine, qui a sans doute contribué à juguler la montée du Front national mais pas l’ascension d’Emmanuel Macron.

Le populisme, objet politique encore mal identifié à gauche, constitue-t-il un tournant idéologique ou une simple tactique électorale ? Nul ne sait encore s’il est un remède ou un symptôme de la crise démocratique actuelle.

À lire dans ce dossier :

Le populisme : Projet politique ou tactique électorale ?

Philippe Corcuff : « La recette de la France insoumise est usée »

Pablo Iglesias : la caresse et la claque

En Italie, l’égalité d’abord


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