À quoi sert la parole politique ?

L’Assemblée, de Mariana Otero pose la question de la circulation de la parole et de son rôle politique.

Ingrid Merckx  • 11 octobre 2017
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À quoi sert la parole politique ?
© photo : AFP

Dans L’Assemblée, Mariana Otero s’est attachée à suivre les débats qui ont agité la commission Démocratie avec comme angle la circulation de la parole. Ce n’est pas un détail, car l’organisation de ce passage de relais au micro et dans les commissions a été pensé depuis le « mouvement des places » – Occupy, les Indignés – comme antidote au monopole. Pourquoi se rassembler pour parler ? Libérer la parole, soit, mais pour quoi faire ? Quelles rencontres ? Quelles décisions ? Quel contrechamp aux prises de parole qui se tenaient au même moment à l’Assemblée nationale ? Plus « efficaces » a priori puisqu’elles examinaient à toute vitesse près de 5 000 amendements à la loi travail, avant que le 49.3 ne les réduise au silence. Cependant que, sur les places de France, il s’agissait plutôt de s’écouter pour mieux se connaître, de prendre le temps. La parole politique – et non la parole des politiques – doit-elle être performative ? La prise de décision doit-elle être un instrument de mesure quand il s’agit de se réapproprier le récit du progrès social ?

À lire dans ce dossier :

• Prendre la parole sans prendre le pouvoir ?

• Quand dire, c’est faire… de la politique

• Se parler, un processus décisionnel

• Le Parlement vers un service minimum

Idées
Publié dans le dossier
À quoi sert la parole politique ?
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