Catalogne : Madrid organise le clash

La responsabilité première du blocage actuelle revient au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

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Rangé au légalisme le plus étroit, l’éditorial du quotidien Le Monde, lundi dernier, nous a laissés pantois. Sous une plume pamphlétaire dont Madrid a dû rosir d’aise, on y lit que, dans cette « tragédie espagnole », le gouvernement aurait été « poussé à bout » par les indépendantistes au pouvoir à Barcelone – prêts à « toutes les dérives », « hors la loi », « qui vivent dans une bulle », « vendent de l’illusion », etc. « Que faire de ce micronationalisme ultra ? », interroge le journal, méprisant ainsi l’expression de millions de Catalans, démocratiquement électeurs de représentants qui promettaient un référendum sur l’indépendance, validée par 90 % des votants le 1er octobre.

Que la crise chemine inéluctablement vers un blocage dramatique, c’est un fait. On peut reprocher à Carles Puigdemont, chef d’un exécutif catalan tenu par sa parole, d’avoir choisi la voie de la confrontation directe. Mais la responsabilité première en revient au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, fustigeant « l’illégalité » du référendum, mais soigneusement oublieux d’une humiliation qui perdure depuis 2010. Le pouvoir central avait alors privé la Catalogne d’une partie de son autonomie, préparant l’arrivée au pouvoir d’indépendantistes résolus à Barcelone.

Dès lors, chaque pion joué par Madrid peaufine méthodiquement une nasse explosive. Le point de non-retour vers la violence a probablement été franchi samedi dernier, quand Rajoy a actionné la « bombe atomique » : l’article 155 de la Constitution qui l’autorise à démettre l’exécutif de Catalogne et à administrer la région depuis Madrid, puis d’organiser sous six mois des élections locales. Le Sénat espagnol doit valider la mesure samedi. Auparavant, Puigdemont obtiendrait de son Parlement une déclaration d’indépendance en bonne et due forme. Ce que Le Monde appelle « la politique du pire ».


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