France Télévisions en grève contre les coupes budgétaires

Des motifs à la pelle expliquent le mouvement social de ce mardi des salariés du service public télévisuel.

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Fin septembre, le gouvernement annonçait une baisse du budget de l’audiovisuel public dans le projet de loi de finances 2018, touchant principalement France Télévisions, avec une réduction de 50 millions d’euros par rapport au contrat d’objectifs et de moyens (COM) signé par le groupe avec l’ancien gouvernement.

Un appel à la grève de tous les salariés a été lancé ce mardi 17 octobre par les syndicats CGT, FO et CFDT pour précisément protester contre ces coupes budgétaires mais aussi contre les suppressions d’emplois et la diminution de programmes et d’éditions d’informations. L’introduction la semaine dernière d’un amendement qui prévoit de réduire cette coupe de 20 millions d’euros n’a pas été jugée suffisante pour les organisations syndicales, d’autant que cette nouvelle restriction budgétaire s’ajoutent à celles imposées ces dernières années. Le SNJ-CGT pointe :

Chaque matin, les rédactions se demandent comment elles vont couvrir l’actualité. Des reportages sont annulés, les départs en mission de plus en plus rares, on multiplie duplex et plateaux pour cacher la misère, les JRI tournent beaucoup mais de moins en moins de vrais reportages, les magazines nationaux sont sous-traités aux boîtes de prod et les magazines régionaux de plus en plus mutualisés. La pratique de notre métier de journaliste est de plus en plus déformée par les tâches techniques en régions : quant au web, il sert ici et là d’espace d’expérimentation sauvage à la confusion des métiers !

Le syndicat rappelle également la fermeture programmée de plusieurs bureaux locaux à France 3 et la mutualisation des éditions régionales. « Les effectifs des rédactions fondent, les départs et les absences ne sont pas remplacés et les CDD ont été brutalement renvoyés à Pôle Emploi. La manière dont les CDD et précaires ont été traités est indigne. Entre 2011 et 2017, France Télévisions a déjà supprimé près de 700 emplois alors que 500 suppressions sont inscrites au COM d’ici 2020 ! »

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Et pour couronner le tout, ponctue le syndicat, 2017 est la quatrième année de gel des salaires. Un rassemblement a eu lieu cet après-midi devant l’Assemblée nationale alors que s’ouvre justement l’examen du projet de loi de finance.

Si les journaux de la mi-journée ont été diffusés presque normalement, avec des sujets magazine, la chaîne d’info France Info et le site de France Télé ont été les plus perturbés. Trois quarts des reporters étaient en grève, selon un communiqué envoyé à l’AFP.


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