« Journée morte », contre l’immense plan social dans les associations

Erwan Manac'h  • 6 octobre 2017
Partager :
« Journée morte », contre l’immense plan social dans les associations
© Photo : Daniel Bockwoldt / DPA

Le monde associatif, qui traverse une crise sans précédent avec la suppression partielle des contrats aidés décidée par le gouvernement d’Édouard Philippe, se mobilise. Une journée « sans association » sera organisée dans toute la France mercredi 18 octobre, à l’appel de plusieurs organisations du secteur.

Des grèves et des manifestations sont prévues en fonction des possibilités de chaque structure et afin de ne pas mettre en danger le public (notamment pour les associations qui font du soin à la personne). Certaines choisiront par exemple de porter un brassard « en grève ».

Le but est de faire parler de la crise existentielle qui impacte le secteur associatif, déjà fragilisé par une décennie de baisse de subvention, une mise en concurrence de plus en plus importante et un accroissement des besoins de la population. « Il y a une très forte exaspération à tous les niveaux, rapporte Jean-Claude Boual, du Collectif des associations citoyennes. Et notre pays ne peut pas se passer des associations, sans aller au-devant d’énormes problèmes sociaux ».

À lire aussi >> Offensive libérale sur les associations

Le Collectif des associations citoyennes, le syndicat Asso, Pas sans nous et le Planning familial figurent parmi les premiers signataires de cet appel, conçu comme la première étape d’une mobilisation nécessairement longue. Car les conséquences de la suppression de 259 000 emplois aidés sont déjà tangibles sur le terrain. Et la suppression partielle de la taxe d’habitation, qui pourrait aggraver les difficultés déjà importantes des collectivités locales, laisse craindre également des conséquences indirectes sur le tissu associatif. Il y a péril, écrivent encore les auteurs de l’appel, pour _« la continuité du service public […] et pour les populations aidées » :

C’est une atteinte grave à la dignité des personnes, à l’accès au droit, à la solidarité, aux pratiques culturelles, sportives et éducatives, au vivre-ensemble.

Les associations demandent un moratoire sur la suppression des emplois aidés de 2017 et 2018, l’ouverture d’une négociation sur l’emploi associatif, une étude d’impact sur l’évolution des financements des associations et un véritable soutien financier public au secteur.

Travail Économie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Mercosur : les trois arnaques de la Commission européenne
Décryptage 13 janvier 2026 abonné·es

Mercosur : les trois arnaques de la Commission européenne

Ce samedi 17 janvier, Ursula von der Leyen s’envolera vers le Paraguay pour signer le traité de libre-échange. Décryptage des principaux problèmes posés par ce texte.
Par Pierre Jequier-Zalc
Entre l’État et le monde agricole, une confiance brisée
Analyse 9 janvier 2026 abonné·es

Entre l’État et le monde agricole, une confiance brisée

Depuis deux ans, les colères agricoles s’expriment dans la rue, dans les fermes et dans les médias. Tiraillé de toutes parts, le secteur oscille entre pessimisme, désarroi et défiance envers un État qui ne comprend plus cette population en manque de reconnaissance.
Par Vanina Delmas
En Lozère, du boulot… mais pas de papiers
Reportage 9 janvier 2026 abonné·es

En Lozère, du boulot… mais pas de papiers

Entre attentes interminables, refus répétés et condition de vie indécentes, des dizaines de sans-papiers sont laissés sur le carreau par la politique préfectorale de Lozère. Dans un département en plein besoin de main-d’œuvre, associations et habitants dénoncent un système devenu inhumain et incohérent.
Par Agnès Polloni
« Les inégalités de richesse sont les inégalités des chances de demain »
Entretien 17 décembre 2025 abonné·es

« Les inégalités de richesse sont les inégalités des chances de demain »

Le constat de la nouvelle édition du « Rapport sur les inégalités mondiales » est accablant : partout dans le monde, les écarts de patrimoine se creusent. Lucas Chancel, économiste et coordinateur de ce rapport, décrypte ce constat.
Par Pierre Jequier-Zalc