Reconquête des classes populaires : La gueule de l’emploi
Difficile de pénétrer le cénacle politique quand on n’a pas les codes des classes dominantes.
dans l’hebdo N° 1474 Acheter ce numéro

Le destin tient parfois à peu de chose. Celui d’Édouard Martin n’aurait pas été le même sans son accent lorrain, sa belle gueule et ses saines colères : « Vous attendez quoi ? Qu’il y ait un malheur ici ? », s’époumonait-il, l’index tendu vers le ciel, face caméra, devant l’usine de Florange, un soir de décembre 2012. Cinq ans plus tard, l’ancien délégué syndical CFDT d’ArcelorMittal n’en finit pas de se justifier sur sa nouvelle vie de député européen. « Je suis un accident de parcours et je ne suis pas dupe, annonce-t-il d’emblée, comme pour mettre les choses au clair. Si le dossier Florange n’avait pas été si médiatisé, jamais le PS ne m’aurait proposé d’être candidat. »
Député. Socialiste. Au départ, Édouard Martin, électromécanicien sur les hauts fourneaux les plus célèbres de Moselle, n’avait