Varoufakis : Chronique d’une défaite

Yanis Varoufakis livre un récit détaillé et haletant de son bras de fer avec la troïka. Et de l’aveugle intransigeance des créanciers de la Grèce.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l’Angleterre, en pleine expansion capitaliste, abolissait la prison pour dettes. La raison était que « sa cruauté n’avait jamais dissuadé personne d’accumuler de nouvelles créances douteuses, ni aidé les créanciers à récupérer leur argent. Au XIXe siècle, pour que le capitalisme se déploie, il a fallu que l’idée absurde que toute dette est sacrée soit abandonnée ». Se remémorant l’attitude de l’Union européenne, du FMI et des ministres de l’Eurozone, et affirmant que la Grèce allait être « condamnée à la prison pour dettes » pour un temps quasi infini, Yanis Varoufakis pose alors la question : « Est-ce parce que l’UE et le FMI ne comprenaient pas ce qu’ils faisaient ? Non. Ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. […] Comment est-ce que je sais qu’ils savaient ? Parce qu’ils me l’ont dit. » À lire aussi >> Notre entretien avec Yanis Varoufakis : « Ils voulaient nous faire mordre la poussière » Sur plus de cinq cents pages brûlantes, Yanis Varoufakis raconte ses cent soixante-deux jours au ministère des Finances grec. Cent soixante-deux jours de refus de signer les plans absurdes censés « renflouer » ou, mieux, « sauver » (sic) la Grèce, comme les créanciers ne vont cesser de le répéter. Alors que ces derniers savent pertinemment que ces plans seront inefficaces et, au contraire, enfermeront son pays dans une prison pour dettes mortifère. Le livre, qui devrait bientôt être adapté à l’écran par Costa-Gavras, fourmille d’anecdotes toutes plus hallucinantes les unes que les autres, entre réunions à huis clos (parfois enregistrées secrètement par l’auteur) et conversations de couloir totalement à l’opposé.

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