Canada : Le multiculturalisme à l’épreuve du voile

Une loi québécoise qui oblige les usagers et prestataires des services publics à avoir le visage découvert est contesté par Justin Trudeau.

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Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, envisage de contester une loi québécoise qui oblige les usagers et les prestataires des services publics à se dévoiler s’ils ont le visage couvert. Cette loi, favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État, a été votée le 18 octobre par le Parlement du Québec et fait polémique au Canada.

Justin Trudeau en appelle à la Charte canadienne des droits et libertés de la personne, un fondement de la loi constitutionnelle canadienne de 1982, sur lequel le Canada a bâti son multiculturalisme. Le Premier ministre fédéral entend protéger les minorités et les femmes musulmanes contre le harcèlement que cette disposition législative encourage. La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, explique que la finalité n’est pas de réprimer, mais de veiller à la sécurité et au maintien du vivre-ensemble.

Selon les modalités d’application, celui ou celle qui se rend dans un service public devra découvrir son visage au moment d’une interaction avec l’employé du service concerné. Par exemple, cela implique de garder son visage découvert précisément à l’accueil des centres de soins, des bibliothèques ou des mairies, ainsi qu’au moment de faire valider son titre de transport, s’il est nominatif, dans les bus. Les agents de l’État, eux, devront en toutes circonstances travailler à visage découvert.

Bien que, selon un sondage, 68 % des Canadiens, Québécois compris, approuvent cette loi, Justin Trudeau envisage de la contester devant les tribunaux. Il affirme que l’État ne devrait pas « dire aux femmes ce qu’elles doivent ou ce qu’elles ne doivent pas porter ».


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