Le prix Marguerite Yourcenar revient à Annie Ernaux

Le prix décerné par la Scam récompense l'ensemble d'une œuvre caractérisée par la rencontre entre le matériau autobiographique, sociologique et historique.

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Le Goncourt à Éric Vuillard, pour L’Ordre du jour, paru chez Actes Sud, relatant la montée au pouvoir des nazis. Le prix Renaudot décerné à Olivier Guez, pour La Disparition de Josef Mengele, autour de la figure du tortionnaire allemand, chez Grasset. Voilà pour les deux prix littéraires les plus prestigieux. Il en est un autre dont la presse parle moins : le prix Marguerite Yourcenar, remis par la Société civile des auteurs multimédia (Scam).

Yourcenar disait, dans son essai En pèlerin et en étranger, « qu’on connaît très mal un écrivain par un seul de ses livres : les harmoniques de l'œuvre nous échappent ». C’est donc « pour mieux approcher un auteur, appréhender son univers, (re)découvrir son talent », rappelle la Scam, que ce prix « met en lumière un auteur pour l’ensemble de son œuvre ». Doté de 8 000 euros, il avait récompensé Pierre Michon en 2015, et Hélène Cixous en 2016. Cette année, il récompense un des plus grands auteurs français : Annie Ernaux (née en 1940), dont l’œuvre (publiée chez Gallimard) est conséquente, puisant dans sa vie la matière de ses récits, toujours marquée par une écriture au scalpel, entre Les Armoires vides (1974) et Mémoire de fille (2016), en passant par La Place (1983), La Honte (1997), ou encore L’Événement (2000) et Les Années (2008).

Annie Ernaux a déclaré, après l'annonce de ce prix :

Ce qui me touche profondément dans le prix Marguerite Yourcenar, c’est qu’il reconnaît, non pas un livre en particulier, mais un engagement d’écriture dans la durée. […] Il me paraît l’approbation d’une démarche d’écriture marquée par la liberté et la recherche. La reconnaissance d’une voie que Marguerite Yourcenar a illustrée d’une façon puissante, presque insolente dans sa sérénité.


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