Domination masculine : le début de la fin ?
En révélant crûment que la domination masculine perdure dans nos sociétés, « l’affaire Weinstein » a déclenché un tollé historique. Le début de la fin d’un monde sexiste ?
dans l’hebdo N° 1482 Acheter ce numéro

Par quel mystère « ce qui allait de soi » bascule-t-il un jour du côté de l’inacceptable ? Par quelle magie une situation invisible nous saute-t-elle tout d’un coup au visage ? Cet automne, ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Weinstein » a donné comme un coup d’accélérateur à l’histoire. En mettant au jour les viols et harcèlements que le producteur de films avait commis sur des dizaines d’actrices, le scandale n’a pas eu pour seul mérite de dévoiler l’incroyable ampleur des violences sexuelles subies par les femmes – eh oui, même par des stars millionnaires ! Il a aussi rendu visible l’impunité dont jouissent leurs agresseurs. Un choc pour une société qui se voyait jusque-là comme (à peu près) égalitaire. Et qui, depuis, ne cesse d’interroger les termes d’un débat que d’aucuns croyaient réglé : celui de la domination masculine.
Un scandale à Hollywood, et c’est un patriarcat plus que millénaire qui vacille ? « Le renversement de l’ordre établi et le fait que la peur change de camp sont deux caractéristiques des révolutions, alors, oui, il y a quelque chose de révolutionnaire dans ce qui s’est passé », reconnaît l’historienne Mathilde Larrère. La députée (France insoumise) Clémentine Autain affirme, elle, n’avoir jamais vu « un truc pareil » en vingt ans de militantisme féministe : « “L’affaire Weinstein” est une rupture majeure à l’échelle occidentale,