Le Conseil constitutionnel valide l’élection de Manuel Valls

Les sages ont rejeté le recours déposé par Farida Amrani, la candidate de la France insoumise, que l’ancien Premier ministre avait devancé de 139 voix dans la première circonscription de l’Essonne.

Michel Soudais  • 8 décembre 2017
Partager :
Le Conseil constitutionnel valide l’élection de Manuel Valls
© Photo: Eric FEFERBERG / AFP

Le Conseil constitutionnel, qui statuait ce vendredi sur 15 contestations des résultats des élections législatives, a validé l’élection de Manuel Valls comme député de la première circonscription de l’Essonne, rejetant « les requêtes de Mme Farida Amrani et M. Ulysse Rabaté (candidats de la France insoumise lors de ces législatives, NDLR) et de M. Gautier Albignac (candidat sous l’étiquette « divers », NDLR) » (voir sa décision).

Lors d’un second tour houleux, le 18 juin, l’ancien Premier ministre l’avait emporté de seulement 139 voix contre la France insoumise. Dans son recours au Conseil constitutionnel, son adversaire, Farida Amrani contestait la validité de 141 suffrages : soit que leur signature couvrait _« une esquisse ou une première signature tracée au crayon », soit que « l’authenticité de [leur] signature » était douteuse « en raison des différences qu’elle présente avec leur signature au premier tour ».

« 66 suffrages irrégulièrement exprimés »

Si le Conseil a validé 73 suffrages, il a reconnu que 66 votes « correspondant à des différences de signature significatives doivent être regardés comme irrégulièrement exprimés ». Toutefois, a-t-il conclu, « ces suffrages irréguliers restant en nombre inférieur à l’écart de voix entre les deux candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à l’annulation des opérations électorales ».

De New-York, où il était en déplacement depuis le début de la semaine pour recevoir un prix d’une organisation juive pour ses prises de position contre l’antisémitisme – et accessoirement donner deux conférences devant cette organisation, dont une en compagnie de Dani Dayan, l’ancien leader des colons en Cisjordanie –, Manuel Valls a pris acte dans un communiqué de cette décision. Non sans attaquer une nouvelle fois son adversaire pour son « recours totalement infondé » (sic) qui, selon lui, « n’a servi qu’à essayer de prolonger un climat et une campagne d’une haine et d’une violence inouïes ». Et non sans tirer également sur Jean-Luc Mélenchon qu’il tient pour responsable « d’une stratégie politique », latente selon lui derrière ce recours, qui « repose sur la violence des mots et la disqualification des responsables publics comme des médias ».

Manuel Valls voudrait-il nous faire croire qu’il n’est que calme, mesure et douceur ?

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet
Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  
Récit 8 juillet 2026 abonné·es

Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  

La cheffe de file du Rassemblement national commence sa campagne présidentielle coûte que coûte, après un pourvoi en cassation suite à sa condamnation en appel. La quadruple candidate veut lancer le récit de sa propre résurrection face à un « système » qui voudrait sa peau. Et gomme la naissance d’une ligne libérale portée par Jordan Bardella.
Par William Jean
Une France des « écorégions » : le rêve insoumis d’une décentralisation verte
Analyse 3 juillet 2026 libéré

Une France des « écorégions » : le rêve insoumis d’une décentralisation verte

Le quadruple candidat à la présidentielle réfléchit à l’une des premières grandes réformes qu’il mènera s’il accède à l’Élysée : redessiner la France en douze grandes régions entièrement pensées pour la planification écologique.
Par Lucas Sarafian
« Il faut que la gauche redevienne capable d’attirer à elle des gens venant d’autres bords »
Entretien 1 juillet 2026 abonné·es

« Il faut que la gauche redevienne capable d’attirer à elle des gens venant d’autres bords »

Le cofondateur du Festival des idées, du 3 au 5 juillet à La Charité-sur-Loire (Nièvre), espère que cet événement sera un catalyseur pour l’union. Et appelle à construire un rassemblement très large sur le modèle du Conseil national de la Résistance.
Par Lucas Sarafian