Pour « Lutopik », la fin des contrats aidés sonne le retour à la précarité

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La rédaction de Lutopik  • 8 décembre 2017
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Pour « Lutopik », la fin des contrats aidés sonne le retour à la précarité

Alors que l’on passait l’été à travailler sur notre 16e numéro, consacré pour une bonne part aux politiques de santé, l’annonce de la fin des contrats aidés nous a mis un coup, jusqu’à remettre en cause l’existence même de notre revue. Nous avons fondé le magazine il y a presque cinq ans par passion pour le journalisme, pour la liberté d’écrire sur les sujets qui nous semblent pertinents. Notre rythme trimestriel nous permet de nous dégager de l’urgence médiatique, de consacrer à chaque sujet le temps nécessaire, de vous proposer des enquêtes approfondies et des reportages de terrain.

Depuis le début, nous insistions pour dénoncer le mythe de l’objectivité journalistique et défendre plutôt le principe d’une subjectivité honnête. Le choix des sujets et la façon de les traiter reflètent les idéaux qui nous animent : solidarité, écologie, émancipation, etc. Il nous semble tout aussi important de sortir quelquefois de notre zone de confort intellectuel, pour laisser l’expression à différents points de vue. Nous visons toujours l’objectif de donner à réfléchir au lecteur et de lui permettre de se forger sa propre opinion. Ce travail devrait être celui qui guide l’ensemble du secteur de la presse : éclairer le débat public. Cette vocation est aujourd’hui mise à mal par les connivences politiques et les intérêts économiques, et seule une presse indépendante est à même de remplir cette mission.

Pour cela, nous avons fait le choix de ne dépendre ni des annonceurs, ni de partis politiques, ni même d’associations, aussi louables soient-elles. On tient à conserver notre liberté de parole, même si cela nous coûte cher. Nous ne dépendons que de nos lecteurs et des aides à la presse attribuées sans autre contrepartie que d’être un média d’information (nous sommes d’ailleurs reconnu IPG, pour presse d’information politique et générale). Les ventes du premier numéro ont suffi à assurer celle du deuxième, et ainsi de suite. Les aides publiques que nous avons reçues, 5 000 euros deux années de suite au titre de soutien à la presse d’information sociale de proximité, nous ont permis d’embaucher en contrat aidé l’un des deux fondateurs. L’année suivante, nos ressources propres nous permettaient tout juste de salarier une autre personne, elle aussi en contrat aidé. Nous sommes actuellement trois à nous consacrer exclusivement au magazine, dont un au RSA depuis le début.

La suppression des contrats aidés s’ajoute à un refus de notre nouvelle demande d’aide sollicitée au titre du soutien à la presse d’information sociale de proximité, parce que notre publication est nationale. Alors que nous avions prévu d’autres emplois aidés, ces deux décisions sonnent pour nous comme un retour à la précarité, que nous n’avons jamais vraiment quittée. Cette décision met surtout en jeu notre survie. Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation, la politique menée par Macron et son gouvernement déstabilise un nombre considérable de petites associations comme la nôtre, et plusieurs médias indépendants, notamment CQFD, La Gazette de Gouzy, Le Ravi, etc., la liste est longue. Ce chemin de l’austérité générale, imposé à la population comme aux services publics, nous paraît d’autant plus indécent que d’autres en profitent grassement. Presque tous les jours, de nouveaux scandales confirment la hausse des inégalités.

Quant à nous, on ne peut désormais compter que sur nos lecteurs, les seuls à pouvoir nous aider à poursuivre notre part de résistance. L’objectif est de passer de 550 à 1 500 abonnés, et de doubler notre tirage (actuellement à 1 500 exemplaires). Vous pouvez commander votre numéro (5 euros) ou vous abonner (20 euros, ou 30 euros l’abonnement de soutien) sur cette page. Pensez que cela peut aussi faire des heureux, une idée sympa de cadeau. Pour nous découvrir, nous vous invitions à visiter notre site web, où vous pourrez consulter gratuitement nos anciens numéros en PDF. Vous pouvez aussi, en attendant notre campagne de financement participatif, nous adresser vos dons. Alors n’hésitez-plus, faites tourner vos Lutopik et abonnez vos amis !

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