Révolte des femmes et retour de bâton

Quand des femmes grondent, des dominants, et aussi des dominantes, montrent les dents.

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À chaque avancée, un retour de bâton. Les féministes le savent : affaire Strauss-Kahn, affaire Baupin ou encore proposition de loi sur la résidence alternée, quand des femmes grondent, des dominants montrent les dents.

Des dominantes aussi. Exciseuses, maquerelles, femmes complices de la domination masculine… l’antiféminisme féminin ne date pas d’hier. La bonne nouvelle, c’est qu’en 2018 il suscite un tollé. Comme en témoigne l’accueil réservé à la « Tribune sur la liberté d’importuner » parue dans Le Monde (9 janvier). Les 100 premières femmes signataires s’y déclarent motivées par un « malaise » devant l’entreprise de « délation » que représente(rait) le mouvement « balancetonporc », né de l’affaire Weinstein aux États-Unis.

« Ni délation ni dénonciation mais révélation ! », prévenait la féministe Ernestine Ronai dans Politis. Ces signataires sont des femmes « majoritairement blanches, bourgeoises (qui n’emploient pas l’écriture inclusive) », répond une contre-tribune parue dans Mediapart, le 11 janvier, sous le titre : « Les féministes peuvent-elles parler ? ». Pour les partisanes de la « liberté d’importuner », « les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité », résument les féministes, qui accusent les premières « d’alimenter la confusion entre harcèlement, viol et séduction » : « En se présentant comme un appel à la vigilance et une entreprise de libération morale, cette tribune ne concourt qu’à une chose : réaffirmer le pouvoir des dominants. »

Cosignataires du texte sur la liberté d’importuner, Catherine Deneuve et Brigitte Lahaie se sont excusées le 14 janvier pour avoir offensé les victimes de violences. « Il faut y voir une bonne nouvelle », positive Caroline De Haas, cofondatrice d’Osez le féminisme !, estimant ainsi que la prise de conscience se propage, y compris chez les femmes pas spontanément « #MeToo ».


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