Outre-mer : Mouvement social à Mayotte

Les manifestants protestent contre l'insécurité. Une partie de la mobilisation semble avoir pris un tournant ­anti-étrangers.

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Mardi 20 février, un millier de personnes étaient dans les rues de Mamoudzou, la capitale de Mayotte, pour manifester contre l’insécurité, en particulier celle qui touche les établissements scolaires. Enseignants et chauffeurs de bus dénoncent depuis quatre ans les attaques quotidiennes en faisant valoir leur droit de retrait : le 19 février, un établissement avait été ciblé par des jeunes armés. Dans le cortège mixte, composé de syndicats et de citoyens, on notait la présence de l’association Codin, « connue pour ses actions radicales contre les étrangers en situation irrégulière », écrit le journal Mayotte Hebdo

Durant le parcours, le cortège s’est arrêté devant des structures d’accueil pour les étrangers, ce que le syndicat FSU a condamné, rappelant que ses revendications restaient « dans le champ de l’éducation ». Mais une partie de la mobilisation semble avoir pris un tournant ­anti-étrangers, sans qu’un lien entre l’insécurité des écoles et la pression migratoire que connaît l’île n’ait été établi. Le deuxième jour de manifestation, ils étaient 450 devant le service des migrations et de l’intégration de la préfecture, appelant à la démission du préfet Frédéric Veau.

« Il faut qu’il s’explique ou qu’il démissionne, affirmait à l’AFP Safina, du Collectif des citoyens de Mayotte. Ce qui est transmis au national est erroné, la population n’a plus confiance. » Des heurts ont éclaté entre certains manifestants et les forces de l’ordre, tandis que d’autres ont déployé spontanément un cordon de sécurité. Lundi 26 février, la mobilisation continuait, sans arrêts devant la préfecture. Gérard Collomb a annoncé qu’une zone de sécurité prioritaire (ZSP) était à l’étude à Mayotte, oubliant de préciser que l’île connaît un taux de chômage de 26 %, contre 9,2 % au niveau national.


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