Yémen : Les séparatistes encerclent Aden

De violents combats opposent les forces du gouvernement yéménite et les miliciens séparatistes sudistes en passe de contrôler la ville.

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On comptait mardi matin 30 janvier près de 40 morts et au moins 185 blessés, après trois jours de violents combats à Aden opposant les (faibles) forces du gouvernement yéménite installé dans le palais présidentiel et les miliciens séparatistes sudistes bientôt en passe de contrôler la ville. À l’heure où nous mettons sous presse, ceux-ci encerclent toujours le palais présidentiel, après un recul important des forces gouvernementales. Le Premier ministre, Ahmed Ben Dagher, et d’autres ministres y sont donc en mauvaise posture, déjà en proie à une grande impopularité du fait de nombreuses accusations de corruption. En exil en Arabie saoudite, le Président Mansour Hadi s’est empressé d’implorer Ryad de « faire cesser les violences » et d’engager « une médiation ». Mais en dehors de la garde présidentielle, fidèle, aucune force n’est en mesure de s’opposer réellement aux miliciens du gouvernement parallèle en cours de formation par le Conseil de transition du sud (CTS). Sauf à voir une intervention directe de l’Arabie saoudite.

Car les États de la région sont tous, peu ou prou, impliqués dans ce conflit complexe, où les membres de la coalition arabe connaissent de profondes divergences. Les Émirats arabes unis, membres influents de cette coalition emmenée par l’Arabie saoudite, entretiennent en effet des rapports difficiles avec le gouvernement de Mansour Hadi, ils arment et financent le mouvement séparatiste sudiste. La situation actuelle embarrasse surtout énormément Ryad, venu à la rescousse de la présidence Hadi il y a près de trois ans contre la rébellion houthiste, soutenue, elle, par l’Iran, le véritable ennemi de l’Arabie saoudite au Moyen-Orient…


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