Chômage : le gouvernement solde les promesses de Macron

Muriel Pénicaud a dévoilé les mesures retenues pour réformer l’assurance-chômage.

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Le procédé est pour le moins cavalier. C’est par un entretien exclusif au Parisien (2 mars) que Muriel Pénicaud a dévoilé les mesures retenues pour réformer l’assurance-chômage. Mesures qui figureront dans un projet de loi présenté en conseil des ministres fin avril, censé donner à chacun « la liberté de choisir son avenir professionnel ».

Le gouvernement a surtout choisi de raboter deux promesses de campagne. Emmanuel Macron avait promis que tous les cinq ans les salariés auraient droit au chômage s’ils décidaient de démissionner ; Muriel Pénicaud y met des conditions très restrictives puisque pour y prétendre il faudra avoir un projet professionnel (création d’entreprise ou changement de métier) et obtenir l’aval d’une commission.

Résultat : entre 20 000 et 30 000 personnes seraient concernées (3 % du million de salariés qui quittent leur entreprise chaque année). Le droit au chômage des travailleurs indépendants, autre promesse phare du candidat Macron, est aussi très limité : le gouvernement annonce 800 euros par mois pendant six mois (255 euros de plus que le RSA) pour les « indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10 000 euros ».

Floue sur un hypothétique bonus-malus imposé, peut-être en 2019, aux entreprises qui abusent des CDD, la ministre annonce en revanche un durcissement du contrôle des chômeurs : elle va « tripler les équipes de contrôle de Pôle emploi [qui] vont passer de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année ». Voilà qui ne devrait pas déplaire à Laurent Wauquiez.


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