Lula en prison ce soir à 22 heures ?

Un juge brésilien a décidé l’incarcération de l’ancien Président, qui est appelé à se rendre dans la journée.

Patrick Piro  • 6 avril 2018
Partager :
Lula en prison ce soir à 22 heures ?
© photo : locaux du syndicat des métallos de São Bernardo do Campo, où est retranché Lula. Crédit: Victor Moriyama / Getty Images South America / Getty Images/AFP

Le juge Moro a ordonné à Lula de se présenter avant 17 heures (22 heures en France) à la police fédérale pour être incarcéré : une célérité qui suscite l’incrédulité au Brésil, mais aussi la crainte d’une rébellion de la rue. 

Alors que le Tribunal suprême fédéral vient à peine de refuser le maintien en liberté _(habeas corpus) de l’ancien Président jusqu’à l’épuisement des recours engagés contre sa très contestable condamnation pour corruption, les juristes ne pensaient pas que l’ordre d’incarcération serait émis avant mardi, conformément au délai des formalités légales. Le juge Moro a-t-il obtenu un aval gouvernemental qui le couvre ? Quoi qu’il en soit, certains observateurs soulignent que cette décision sans fondement juridique (une de plus ?) légitime la désobéissance civile.

Elle est actuellement à l’œuvre : Lula a refusé de se rendre à Curitiba, où l’attend la police fédérale, retranché avec ses proches dans les locaux du syndicat des métallos de São Bernardo do Campo. Tout un symbole : c’est là, en 1978, à la tête d’une grève historique, qu’il a démarré une carrière publique qu’il l’a amené à la présidence du pays de 2003 à 2010. Et des appels ont été lancés dans les réseaux militants pour empêcher l’interpellation.

Police / Justice Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Vente d’armes à Israël : FedEx, gouvernement, un même enfumage
Justice 24 avril 2026 abonné·es

Vente d’armes à Israël : FedEx, gouvernement, un même enfumage

Depuis deux ans, le gouvernement répète la même formule : la France ne vend pas d’armes à Israël. Mais dans l’ombre des pistes de Charles-de-Gaulle, des cargaisons de composants militaires s’envolent bien vers les bases aériennes de l’État hébreu. Une plainte vient d’être déposée contre FedEx Express France pour complicité de crimes de guerre.
Par William Jean
La bande de Gaza engloutie par les déchets
Reportage 23 avril 2026 abonné·es

La bande de Gaza engloutie par les déchets

Depuis deux ans et demi, les résidus alimentaires et médicaux de l’enclave palestinienne ne sont plus traités ni collectés. Une autre urgence sanitaire pour une population déjà asphyxiée par le quotidien d’une guerre sans limite.
Par Shima Elnakhala et Céline Martelet
Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »
Entretien 22 avril 2026 abonné·es

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »

La militante féministe et libertaire turque, sociologue à l’université de Nice, raconte sa découverte de la question kurde en Turquie, lutte qui a été pour elle une école d’émancipation individuelle et collective. Et qui lui vaudra incarcération et tortures, avant l’exil en France. Dans son livre Lever la tête, elle témoigne des persécutions subies.
Par Olivier Doubre
À Barcelone, un sommet pour relever le centre-gauche… et sauver Pedro Sánchez
Récit 21 avril 2026 abonné·es

À Barcelone, un sommet pour relever le centre-gauche… et sauver Pedro Sánchez

À Barcelone, la Global Progressive Mobilisation a rassemblé des milliers de responsables politiques pour afficher une relance du centre-gauche international. Une vitrine bienvenue pour Pedro Sánchez, en difficulté sur le plan intérieur.
Par Pablo Castaño