SNCF : Le gouvernement reste ferme… et flou
Ni l’examen de la réforme à l’Assemblée ni la concertation au ministère n’ont fait avancer le débat. La détermination des cheminots reste intacte.
dans l’hebdo N° 1499 Acheter ce numéro

© Philippe LOPEZ/AFP
Trois semaines de conflit, un vote hâtif à l’Assemblée nationale et quatre tranches de deux jours de grève n’auront presque rien changé à l’équilibre des forces qui s’opposent sur la réforme de la SNCF. L’intersyndicale (CGT, Unsa, SUD-rail, CFDT) reste unie autour du principe d’une grève intermittente de deux jours sur cinq (1). De l’avis général, la détermination ne faiblit pas, malgré des nombres de grévistes annoncés en baisse de 10 points les 13 et 14 avril (22,5 % au total et 38 % chez les personnels indispensables à la circulation). Y compris chez les syndicats « réformistes », la CFDT et l’Unsa, dont la ligne ne diffère pas de celle de la CGT et de SUD-rail.
Depuis le début du mouvement, la question d’un débordement par la base et du lancement d’une grève reconductible agite les assemblées générales qui se tiennent les jours de grève dans chaque grande gare. Mais le consensus porte encore très largement sur la grève intermittente, même si la base syndicale la plus investie a des fourmis dans les jambes. « Nous proposerons de nous baser sur la date du 19 avril pour partir en reconductible », explique Basile, un cheminot SUD-rail de la gare de l’Est à Paris, qui aimerait voir le mouvement se durcir. Notamment parce que l’intermittence est difficile à tenir pour les cheminots militants. « Cela prend beaucoup de temps et d’énergie. C’est un rythme qui ne permet pas de libérer l’imagination sur les formes de luttes », observe Basile.
Les cheminots comptent désormais avec le soutien d’une bande d’« intellos » et de leur cagnotte de solidarité, lancée le 23 mars en ligne. Avec 800 000 euros au compteur le 17 avril, la quête n’est plus
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