Le juteux business des données personnelles

Le profilage de plus en plus précis des consommateurs, par le traçage de leurs faits et gestes en ligne comme dans la vraie vie, est en passe de métamorphoser notre économie.

Erwan Manac'h  • 13 juin 2018 abonné·es
Le juteux business des données personnelles
© photo : T2 Images/AFP

Nous le savons désormais sans trop y prêter attention, chacun de nos mouvements sur Internet est enregistré, décrypté et compilé dans d’immenses bases de données. Pour le reste, le commun des mortels ignore à peu près tout. Que valent ces données ? Qui s’y intéresse ? Pour quel usage ? Est-ce finalement problématique, pour un quidam qui n’a rien à cacher et très peu à dépenser ?

Première réponse : nos données personnelles représentent, selon le cabinet IDC, un marché de 60 milliards d’euros en 2016, qui devrait croître d’un tiers d’ici à 2020. Et leur valorisation pourrait générer, indirectement, une richesse cinq fois plus importante. Le big data est donc devenu une nouvelle obsession dans la plupart des entreprises. Où la multiplication des appareils connectés et des outils numériques génère une masse infinie d’informations, abondée par la manie du « reporting » qui contamine tous les secteurs d’activité.

La plupart du temps, les entreprises tentent de mettre à profit leur propre base de données : dans l’industrie, des capteurs permettent d’affiner la maintenance des installations industrielles ; chez les opérateurs téléphoniques, l’analyse des habitudes des abonnés permet de prévenir les résiliations, par exemple. C’est le côté clair de l’analyse des données. Celui qui permet des innovations sans entraver le respect de la vie privée, à l’instar de l’open data, mouvement de transparence qui s’impose progressivement aux administrations.

Mais les données personnelles

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public
Analyse 10 juillet 2026 abonné·es

Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public

Employé pour éviter l’euphémisation des termes utilisés pour qualifier les politiques migratoires européennes, ce mot, notamment associé à la Shoah, fait l’objet de débats.
Par Pauline Migevant
Pour que MeToo éclate dans la grève féministe
MeToo 9 juillet 2026

Pour que MeToo éclate dans la grève féministe

Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s’arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique.
Par Toni Viot
Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne
Exclusif 7 juillet 2026 abonné·es

Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne

Malgré l’annulation par le juge administratif d’un arrêté préfectoral fixant le Soudan comme « pays de renvoi », Politis révèle que la préfecture de police de Paris met tout en œuvre pour expulser un homme vers ce pays, en proie à une guerre civile. Son avocat craint une expulsion imminente.
Par Pauline Migevant