Des cantines en ébullition

Maires, parents ou cuisiniers, des citoyens s’activent pour une alimentation bio, locale et saine. Avec un brin de pédagogie.

Vanina Delmas  • 29 août 2018 abonné·es
Des cantines en ébullition
Passer au bio est aussi l’occasion de faire de la pédagogie.
© MYCHELE DANIAU / AFP / Julien Pitinome / NurPhoto / AFP / Mathilde Mochon / DR

Une autre alimentation dans les cantines, c'est possible. La parole à Sébastien Brun, cuisinier, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, et Caroline Vignaud, mère d’élèves et cuisinière, qui œuvrent à la réaliser.

Sébastien Brun, cuisinier au collège Le Réflessoir, à Bléré (Indre-et-Loire)

« Après mes études à l’école hôtelière de Tours, je suis parti travailler en Suisse allemande dans une grosse structure, puis j’ai fait mon service militaire avant de revenir dans un restaurant à Tours. Je n’avais plus l’habitude des horaires décalés, alors j’ai décidé de travailler en restauration collective, d’abord pour le confort de vie. Puis j’ai réalisé que c’était un poste déterminant pour l’éducation au goût. De nombreux enfants ont des problèmes avec les aliments, et certains adultes restent traumatisés par ce qu’ils mangeaient à la cantine. Il y a quatre ans, je suis arrivé au collège Le Réflessoir, à Bléré. J’ai commencé par rencontrer les maraîchers et les producteurs locaux afin de trouver comment travailler avec eux pour concocter mes 600 repas quotidiens.

Même si ce n’est pas forcément du bio, 89 % de nos produits proviennent de circuits de proximité, pour le même budget attribué par le département. Avec moi, pas de Vache qui rit, que du fromage à la coupe produit par Rodolphe Le Meunier, meilleur ouvrier de France. Les yaourts viennent de la laiterie Fierbois : ils ont accepté de me livrer leurs produits en seau, ainsi les enfants mangent un yaourt de qualité au prix d’un produit industriel. De même, avec un éleveur du coin, nous avons créé de nouvelles recettes de saucisses de veau avec des pruneaux, du chèvre, etc. L’idée est de raconter une histoire aux enfants, de leur montrer les produits et les personnes qui

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système
Analyse 26 juin 2026 abonné·es

Au-delà du cas Bruel, les rouages d’un système

L’affaire touchant le chanteur rappelle une évidence trop souvent oubliée : les violences prospèrent rarement seules. Elles s’inscrivent dans des structures qui les tolèrent, les couvrent ou les encouragent. Comment l’industrie musicale produit des monstres.
Par Lise Lacombe
Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer
Meurtre de Nahel : le combat des mots
Médias 24 juin 2026 abonné·es

Meurtre de Nahel : le combat des mots

Dès les premières heures après la mort de Nahel, les mots des médias grand public ont déshumanisé le jeune homme. L’éventualité d’un retour du terme « meurtre » dans le débat public, avant le procès du policier, autorise la perspective d’un autre regard sur « l’affaire Nahel ».
Par Ramdan Bezine
« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »
Entretien 24 juin 2026 abonné·es

« Avec le drame de Nahel, la jeunesse a compris qu’il fallait lutter pour se faire entendre »

Nemetodorum est une pièce de théâtre documentaire créée par Nicolas Sene, avec comme point de départ la mort de Nahel Merzouk le 27 juin 2023. Le cinéaste, artiste et acteur de terrain dans la ville des Hauts-de-Seine cherche à inscrire dans le champ culturel la mémoire de ce drame.
Par Kamélia Ouaïssa