Le climat n’attend plus les États

Limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C : une bataille quasi perdue, montrent les experts scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dont le rapport spécial est attendu le 8 octobre. Ce nouveau signe de l’échec des gouvernements intensifie les mobilisations au sein de la société civile. ONG, associations, réseaux, villes, régions et entreprises se donnent des objectifs concrets de réduction des émissions de carbone.

Patrick Piro  • 3 octobre 2018 abonné·es
Le climat n’attend plus les États
© photo : Pékin noyé dans un brouillard de pollution, le 22 octobre 2011.STR/AFP

Septembre, mois de récolte pour les records climatiques. Les instituts météorologiques calculent le nombre de journées de canicule estivale, la superficie de banquise fondue, l’intensité des épisodes de pluies diluviennes. Et, comme chaque année depuis plus d’une décennie, les superlatifs tombent. En France, on vient d’enregistrer le deuxième été le plus chaud depuis 1900, après celui de 2003, qui avait provoqué le décès prématuré de quelque 15 000 personnes. Le mercure a escaladé des sommets : plus de 51 °C à Ouargla en Algérie, 33 °C au nord du cercle polaire en Norvège, 25 °C en mer Baltique – une baignoire tropicale. À Oman, dans la ville de Quriyat, la température n’est pas descendue au-dessous de 42,6 °C pendant 24 heures d’affilée, épisode inédit dans les registres planétaires. Une plaque de glace vaste comme un département français s’est détachée de la banquise antarctique, le plus gros iceberg jamais observé. Mousson exceptionnelle en Inde, pluies torrentielles au Japon, incendies incontrôlables en Californie, au Portugal, en Grèce mais aussi en Suède.

C’est sur ce furieux décor climatique que se prépare la divulgation, le 8 octobre, du rapport spécial du Giec sur les conditions d’une limitation à 1,5 °C du réchauffement

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Écologie
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Le climat n’attend plus les États
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