Référendum en Nouvelle-Calédonie : oui, mais

Les électeurs de Nouvelle-Calédonie sont appelés à dire oui ou non à l’indépendance ce dimanche 4 novembre.

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Ce dimanche 4 novembre, 174 154 électeurs de Nouvelle-Calédonie sont appelés à dire oui ou non à l’indépendance. Un corps électoral restreint, puisque 14 000 électeurs non-kanaks ne pourront pas voter, car ils ne résident pas dans l’archipel sans discontinuer depuis le 31 décembre 1993. Une disposition prévue dans l’accord de 1998 pour préserver les droits des Kanaks, colonisés par la France depuis 1853. 

Mais au recensement de 2014, ils ne représentaient plus que 40 % de la population ; or l’indépendantisme ne séduit guère au-delà de leurs rangs, et eux-mêmes ne sont pas unanimes. Un sondage de début octobre donnait le non vainqueur avec 66 %. 

Le paradoxe, c’est que le territoire est, parmi les outre-mer, le plus prospère, le moins dépendant de la métropole et le mieux intégré à sa région. Première richesse, le nickel (4es réserves mondiales) est exporté vers la Chine, le Japon, la Corée, mais plus du tout en France. Deuxième gisement, les touristes, qui sont avant tout Chinois, Australiens, Néo-Zélandais… 

Quel que soit le résultat du référendum, le pays devra affronter l’enjeu des inégalités entre communautés. En particulier, les Kanaks ne renoncent pas à recouvrer leurs terres, réduites à 8 % en 1914 après les spoliations des colons. Une réforme foncière a depuis rééquilibré la balance, mais les contentieux restent nombreux. La Nouvelle-Calédonie reste sur la liste de l’ONU des territoires à décoloniser.


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