Le « ouf » de soulagement des socialistes et de Raphaël Glucksmann

Le Parti socialiste et Place publique, crédités de 6,6 % des voix, évitent la débâcle et veulent croire en leur place au sein d’un futur rassemblement des gauches.

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Un cri de soulagement brise l’angoisse qui baignait jusqu'ici l’atmosphère : il est 20 heures, ce dimanche 26 mai, la Bellevilloise, salle de spectacle parisienne investie comme QG par le Parti socialiste et Place publique, prend des faux airs de soirée victorieuse. Le score est pourtant mince (6,6 %), mais le soulagement immense.

« Si on fait plus de 5 % [le score minimal pour obtenir au moins un eurodéputé], je serai très très contente », glissait un instant avant le gong l’ancienne députée du coin, Danièle Hoffman-Rispal, en empoignant un tas de chips. L’inquiétude était en effet réelle de voir le Parti socialiste disparaître du Parlement européen, en s'enfonçant un peu plus dans sa crise existentielle, au regard de sondages flirtant depuis des mois avec la barre des 5 %.

Poignées de main rageuses et slogan de victoire – « encore la gauche » – environ 200 militants ont salué le score du néophyte Raphaël Glucksmann, appelé mi-mars en secouriste pour conduire un parti sans tête de liste. Dans son discours de leader encore fébrile, immédiatement après 20 h, l’essayiste a observé une joie plus contenue et livré un discours empreint d'accents guerriers. Contre le Rassemblement national et la politique « inique et injuste » d’Emmanuel Macron. « Il faut être en colère », harangue-t-il.

Le rassemblement sur toutes les lèvres

Il sonne le tocsin, pour rassembler une gauche « éparpillée façon puzzle », et « exhorte » les citoyens de gauche et les partis à « sortir de l’adolescence » en acceptant les alliances. « On a lancé la refondation de la gauche », assure celui qui avait trouvé porte close à Génération.s, à EELV et au PCF.

Les calculettes commencent déjà, néanmoins, à chauffer, pour préparer les municipales du printemps 2020. « Il n’y a pas d’hégémonie à gauche », se satisfait Olivier Faure, au cours d’un discours double, d’abord pour les médias, puis après une courte pause, sur un ton plus paternel, pour ses militants.

Il formalise une invitation aux autres partis de gauche, au rassemblement de La Rochelle prévu comme de tradition à la rentrée, pour poser le plus rapidement possible les bases d’une union qu’il espère large. Et de saluer le beau résultat d’Europe Écologie-Les Verts (12 %) :

C’est une bonne nouvelle, car l’Europe a besoin d’une écologie politique forte.

« On va pouvoir négocier avec nos partenaires, mais ça va être très compliqué avec les Verts, Yannick Jadot va être odieux, sous-titre une petite main du parti, au coin d’un buffet redoré de quelques petits fours, après 20 heures. Le gourmand est tout en joie d’avoir « doublé Mélenchon » (la France insoumise est créditée d’un score équivalent à PS-PP) et atteint un résultat supérieur aux prévisions des sondages.

Bella Ciao retentit quelques secondes, mais les scènes de joie ont vite été mises en sourdine et la salle vite dispersée. Pas une rose à l’horizon, ni la moindre apparition d'un cacique du Parti socialiste. Si « la ligne Faure » limite la casse, l’autorité du premier secrétaire restera fragile et le PS englué dans un profond marasme.

« Franchement, on est vivant », soupire un militant aux mains tremblantes. « On va rentrer de bonne humeur, nuance un autre, cela faisait longtemps. »

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